Amour rural

Court résumé: Suiza, jeune femme à la sensualité débordante, va venir troubler la tranquillité d’un village espagnol…

Mon avis:

Ce livre est éligible au Prix Orange du Livre 2019, dont je suis juré.

Merci à lecteurs.com et aux éditions Gallimard pour cette lecture!

En me lançant dans « Suiza », je me jetais dans l’inconnu. Je ne connaissais même pas le thème du livre. C’est aussi ça la joie des jurys littéraires : découvrir des nouveautés, à l’aveuglette, sans aprioris.

Le texte est écrit par une femme. Cela pourrait être anecdotique mais c’est important de le préciser parce qu’à sa lecture, vous aurez du mal à penser que ce ne n’est pas un homme qui raconte. En effet, Bénédicte Belpois réalise le tour de force de nous faire entrer dans la tête de Tomas, un homme rustre et macho comme l’étaient souvent ceux de l’époque.  Se passant des filtres de la bienséance,  l’esprit du paysan déverse ses pensées de manière décomplexée et c’est souvent trivial. Dans ces lieux reculés, les gars n’y vont pas par quatre chemins, surtout lorsqu’il est question de la gente féminine. Ils assouvissent toutes ses envies, même les plus primaires, sans demander la permission. De par ce côté bête et impulsif, le personnage principal peut apparaître antipathique.

La langue de l’auteure peut aussi ne pas plaire à tout le monde. En effet, pour être au plus près de la réalité, le récit à la première personne se met à hauteur du narrateur et de l’environnement qui l’entoure. Il est donc parfois un peu vulgaire et brut de décoffrage, immergé dans le milieu rural.

Mais sous ses airs rudes, ce roman noir est surtout un beau roman d’amour. La petite Suiza, jeune fille simplette et torturée, qui était au départ un objet de convoitise, va devenir au fil de l’histoire une bouée de sauvetage pour Tomas. Il va se redécouvrir en mari aimant et développer des sentiments nouveaux. Les deux amoureux vont se sauver mutuellement jusqu’à ce que le destin en décide autrement.

Bénédicte Belpois offre avec « Suiza » un premier roman âpre, avec quelques petits dérapages, mais dont j’ai aimé l’ambiance parfaitement maîtrisée et la puissance des émotions.

Gallimard, 252 pages

20€

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  1. Jostein dit :

    Je lis effectivement des avis partagés sur ce roman. Je risque de difficilement supporter le personnage. Mais si il évolue positivement, pourquoi pas.
    Je viens d’avoir un peu la même sensation avec Bon genre d’Inès Benaroya dans lequel le personnage est une femme. Une lecture comparée pourrait être intéressante

    Aimé par 1 personne

  2. alexmotamots dit :

    Pour la puissance des émotions, mais ce que tu dis du style me fait hésiter.

    Aimé par 1 personne

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