Xavier Boissel – Rivières de la nuit

Vers la fin

Rivières de la nuit

Court résumé: Dans un futur proche, une fondation a décidé de construire un énorme bâtiment surprotégé pour pouvoir conserver la diversité végétale de la Terre. Située au Pôle Nord, cette arche est un moyen de prévenir les dégâts d’une prochaine grosse catastrophe planétaire et ainsi de faciliter la reconstruction de la vie.

Mon avis: L’aventure est contée par deux narrateurs. Le premier narrateur est un membre de la fondation qui explique à travers ses notes professionnelles, les origines, les objectifs et le devenir de la structure. Le second s’appelle Elja Osberg et il a été choisi quelques années plus tard pour intégrer l’arche et en être le gardien.

J’ai trouvé l’écriture de Xavier Boissel exigeante mais accessible. Elle m’a transporté dans cette courte expérience d’anticipation.  Les événements relatés dans cette science-fiction sont tellement proches de notre réalité que la solution imaginée m’est apparu comme une échappatoire envisageable. L’histoire est vraisemblable et c’est en cela que réside toute sa force.

Xavier Boissel nous propose un trop court roman (ou plutôt une nouvelle)  sur le désastre annoncé et sur la dissolution mentale de l’homme face à la solitude.

Inculte 110 pages

14/20

J’ai lu ce roman dans le cadre des explorateurs de la rentrée littéraire. Merci lecteurs.com

Shani Boianjiu – Nous faisions semblant d’être quelqu’un d’autre

Naïveté dans le drame

Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre

Court résumé: C’est l’histoire de trois amies d’enfance israéliennes qui vont être appelées à faire leur service militaire, chacune dans une mission différente.

Mon avis: Alternant entre chaque point de vue, on vit le quotidien de ces jeunes filles avec leurs contrariétés et leurs obsessions de jeunes filles. Mais la guerre et ses atrocités n’est pas loin. Alors la rencontre de l’innocente jeunesse et de la dure réalité, donne naissance à un récit où les pires horreurs se mélangent aux anecdotes les plus comiques.

Grâce à son expérience personnelle, Shani Boianjiu nous offre une grande bouffée d’humanité et de joie dans ce milieu militaire si rigoureux. Elle veut nous rendre témoin de la vie perturbée de ce coin du globe. Pour ce faire, elle ne va jamais prendre partie ou montrer du doigt, mais mettre en scène l’absurdité et les incohérences du système.
J’ai été fortement saisi par le réalisme du roman. Les histoires sont racontées avec tout le détachement lié au jeune âge des trois filles. Et grâce à cette naïveté, j’ai ressenti une certaine fraîcheur qui m’a permis de m’imprégner de cette réalité pourtant si cruelle. C’est un texte qui m’a fait réfléchir sur la violence sans me torturer et qui m’a fait penser à la mort en me montrant la vie.

« Nous faisions semblant d’être quelqu’un d’autre» est un témoignage poignant qui restera gravé.

Robert Laffont 319 pages

16/20

J’ai lu ce roman dans le cadre des explorateurs de la rentrée littéraire. Merci lecteurs.com

Autres avis éclairés: Plume de Cajou, Léa Touch Book

Nickolas Butler – Retour à Little Wing

Entre potes…

Retour à Little Wing

Court résumé: L’action de « Retour à Little Wing » se situe dans un village isolé du monde, où quatre amis d’enfance se retrouvent. Ils ont suivi chacun leur voie et ont eu des destins diamétralement opposés, mais ils sont tous restés attachés à leur ville natale. Et lors de leurs retrouvailles, les souvenirs reviennent à la surface avec des vérités pas toujours agréables à entendre.

Mon avis: Ce roman parle surtout d’amitié et des liens indéfectibles qui existent entre ces amis. L’auteur nous fait suivre les événements avec un narrateur différent à chaque chapitre, ce qui nous permet d’appréhender toutes les péripéties dans leur ensemble avec le point de vue de chaque acteur. Cette multi-vision crée ainsi une sorte de fresque relationnelle, une micro-société. Grâce à ce mode narratif, j’ai eu l’impression de faire partie de ce petit monde, d’avoir été présent lors des faits et de partager le quotidien et les souvenirs de cette bande de potes.

J’ai adoré passer du temps avec cet éventail de personnages variés. Au fil de l’histoire, je me suis aperçu que malgré leurs côtés sombres, ces hommes et ces femmes développaient de véritables qualités humaines et de solidarité dans l’adversité. Ils sont attachants comme les acteurs d’une série télévisée dont on attend avec impatience la suite des aventures. J’ai d’ailleurs laissé avec beaucoup de regrets les habitants de Little Wing à la fermeture du livre. Belle découverte pleine de vie !

autrement 445 pages

17/20

J’ai lu ce roman dans le cadre des explorateurs de la rentrée littéraire. Merci lecteurs.com

David Peace – Rouge ou mort

Longue légende

Rouge ou mort

Court résumé: « Rouge ou mort » nous permet de suivre Bill Shankly, entraineur mythique du club de football de Liverpool durant quinze ans.

Mon avis: Dès les premières pages, j’ai compris que j’avais affaire à un roman très singulier. Pour raconter les faits, l’auteur utilise un style heurté presque télégraphique. Il se permet même de supprimer les pronoms personnels, ce qui rend la lecture un peu répétitive et étrange au premier abord (Bill fait ceci, Bill pense cela, Bill va là et Bill revient ici…). Seuls les dialogues importants libèrent le texte de ces contraintes et m’a permis de souffler un peu. De plus, les scènes se répètent jusqu’à l’excès pour nous permettre de mesurer tout le travail réalisé au quotidien par Bill Shankly et son équipe. Le tout crée une lecture particulièrement lourde et fatigante. A tel point que mes yeux ont eu tendance à sauter machinalement quelques mots, quelques lignes tant le descriptif des actions reste irrémédiablement le même.

Heureusement pour moi, je suis un grand fan de foot et j’ai réussi à m’accrocher par passion. L’auteur nous raconte chaque saison, chaque match, chaque but et ce pendant quinze ans…alors si vous ne vous intéressez pas à ce sport, ces 800 pages risquent de devenir votre pire cauchemar. Le football est omniprésent et le texte réservé aux vrais supporters.

Je suis fier et épuisé d’être allé jusqu’au bout de ce pavé. Je garderai comme souvenir le portrait hypnotique d’un homme à part, manager de génie, qui a su rendre au grand Liverpool FC ses lettres de noblesse.

Rivages 785 pages

9/20

J’ai lu ce roman dans le cadre des explorateurs de la rentrée littéraire. Merci lecteurs.com

Jenny Offill – Bureau des spéculations

Puzzle mental

Bureau des spéculations

Court résumé: Ce roman nous entraîne dans la tête d’une femme, écrivain et professeur, qui va nous narrer son existence, de la création de sa vie de famille au déclin de son couple.

Mon avis: Ce qui perturbe dès le début de ce roman, c’est le mode narratif utilisé par l’auteure. Constitué de très courts chapitres, passant d’un événement à un autre, sans transition et sans lien évident, ce roman m’a dans un premier temps désorienté. Ce n’était qu’une suite incohérente d’anecdotes, de grandes pensées, de réflexions personnelles, de dialogues…Mais au fil des pages, j’ai compris que la narratrice nous exposait son quotidien dont elle nous livrait des bribes tout azimut, un élément en entraînant un autre. Page après page, je me suis donc adapté à ce style atypique. Mais l’excentricité de la forme n’a pas eu l’effet escompté sur le fond et je suis resté à la porte de ce livre.

Je n’ai pas trouvé les clés pour apprécier le drame vécu par cette femme. Les changements de caps sont tellement fréquents que le rythme de pensée en devient haché et que par conséquent les malheurs racontés perdent de leur intérêt. Le style d’une grande originalité ne sert pas le propos et va même à l’encontre de la profondeur que méritait le sujet.

Calmann-lévy 182 pages

6/20

J’ai lu ce roman dans le cadre des explorateurs de la rentrée littéraire. Merci lecteurs.com

François Bott – Le dernier tango de Kees Von Dongen

Courte biographie

Le dernier tango de Kees Van Dongen

Court résumé: Kees Von Dongen est un peintre dandy avec un fort caractère. Sur son lit de mort, entouré d’infirmières, il se souvient de ses premiers pas en tant qu’artiste.

Mon avis: Très court roman qui bascule entre le présent à l’hôpital et le passé raconté sous forme de confessions. A l’aide de nombreux flashbacks, François Bott nous fait revivre les événements de cette vie hors normes, riche en rencontres et en couleurs. Un destin atypique pour ce personnage qui se revendiquait anarchiste et misanthrope mais qui va profiter de son art pour vivre au milieu des mondains et s’embourgeoiser. Mais plus que le croquis de ce génie provocateur, flambeur, frivole, égoïste parfois profiteur, cette histoire nous dépeint un véritable panorama artistique du grand Paris de cette époque. On y croise dans des circonstances diverses, Cocteau, Picasso, Anatole France, Brigitte Bardot…

Avec une plume très agréable, totalement maîtrisée, François Bott brosse le portrait d’un homme amoureux de peinture et de femmes, qui m’a passionné de bout en bout. Seul le nombre de pages très faible pénalise la bonne impression que m’a fait ce roman. Car même si cet auteur m’a convaincu, cette lecture trop rapide risque de ne pas laisser une trace indélébile dans mes souvenirs. Le double, voire le triple, des aventures de Kees Von Dongen ne m’aurait pas déplu.

Cherche midi 132 pages

15/20

J’ai lu ce roman dans le cadre des explorateurs de la rentrée littéraire. Merci lecteurs.com