(#604) Cécile Pivot – Les lettres d’Esther

Court résumé: En souvenir de son père, Esther, une libraire, décide d’ouvrir un atelier d’écriture épistolaire dans lequel des inconnus vont pouvoir échanger sur leurs vies…

Mon avis:

J’ai lu ce livre dans le cadre du Cercle Livresque du site lecteurs.com

Dans le monde actuel, malgré l’avènement des réseaux sociaux, tout un chacun a tendance à garder pour soi ses problèmes personnels. Derrière la façade de la transparence totale, les gens n’osent pas partager leurs véritables drames et cette intériorisation gangrène leur cerveau et leur quotidien.

Cécile Pivot brise les barrières de ses personnages par le biais de leurs correspondances. Elle remet au goût du jour la pratique de l’écriture manuelle. On découvre alors que grâce à ce moyen de communication, les esprits se libèrent. Devant leur feuille de papier, les participants lâchent prise, comme si la plume les désinhibait. S’adressant à des inconnus, ils se confient encore plus facilement et mettent sur la table leurs authentiques douleurs. Ils vivent leurs échanges tel un exutoire. Dès que les choses sont écrites, elles semblent perdre de leur pouvoir de nuisance.

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(#603) Donato Carrisi – La maison des voix

Court résumé: Pietro Gerber est psychiatre pour enfants, spécialiste de l’hypnose. Un jour une consoeur australienne lui demande de prendre en charge une de ses patientes…

Mon avis:

Je remercie les éditions Calmann-Levy pour cette lecture!

Il n’est plus besoin de présenter Donato Carrisi qui fait partie de mes chouchous littéraires. Il ne m’avait jamais déçu jusqu’à son dernier opus, 4ème volet du Chuchoteur, moins convaincant. J’étais donc un peu fébrile à l’arrivée de ce one-shot, en espérant qu’il n’ait pas perdu son pouvoir.

L’auteur reprend un de ses thèmes de prédilection : la mémoire. Cette fois ci, il en fait même son axe principal qui régit toute son histoire. La moitié du livre trouve sa moelle dans les souvenirs de la mystérieuse Hannah. On comprend que les éléments du passé dont on se rappelle ont tendance à être versatiles. On ne sait donc jamais si les évènements racontés ont vraiment eu lieu ou le cerveau a inventé sa propre version. Comme les éléments de l’énigme sont en plus issus de la mémoire d’une enfant, tout le mécanisme de l’aventure repose sur l’interprétation de ses rêves sous hypnose. Aux côtés du psychiatre, j’ai passé mon temps à chercher la signification des réminiscences de cette femme insaisissable. Pendant la lecture, je suis resté constamment sur le qui-vive, à la recherche d’un élément qui allait débloquer l’affaire.

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(#602) Estelle Tharreau – La peine du bourreau

Court résumé: McCoy est bourreau au Texas depuis 42 ans. Le soir de l’exécution du condamné n°0451, une discussion s’engage entre lui et le Gouverneur qui doit se prononcer sur la grâce…

Mon avis:

Je remercie les éditions Taurnada pour cette lecture!

D’ordinaire, pour parler des crimes d’un assassin, les auteurs de polar s’intéressent aux victimes, aux coupables, aux enquêteurs ou aux tribunaux. Estelle Tharreau a choisi un angle assez original. Son choix s’est porté sur le rôle du bourreau qui va être en quelque sorte interviewer, pour témoigner de son métier et de ses conséquences.

A travers la vie de cet être au métier singulier, l’auteure s’attaque au thème beaucoup plus vaste de la justice. En narrant les destins de coupables condamnés à la peine capitale, elle met en lumière la différence que l’on constater entre morale et justice. La culpabilité des prisonniers n’est jamais remise en cause, mais le châtiment qu’il leur est réservé, peut être discutable.

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(#601) Michel Houellebecq – Sérotonine

Court résumé: Le narrateur raconte sa vie d’ingénieur, son amitié avec un agriculteur, ses désillusions de jeunesse et ses déboires amoureux…

Mon avis:

Je remercie les éditions J’ai Lu pour cette lecture!

Depuis le temps, vous savez que je suis passionné de littérature plutôt contemporaine. Je suis toujours obsédé par la découverte de nouveautés mais j’ai de grosses lacunes en ce qui concerne les classiques. Même s’il est peut-être exagéré de classer Michel Houellebecq dans cette catégorie, pour ma culture, je me devais de m’attaquer à cet auteur, pour le moins sulfureux.

Dès les premières pages, j’ai compris que le roman était au diapason de ce que j’avais pu entrevoir du personnage public dans les médias. Son narrateur est aussi désabusé que lui. Ce quadragénaire devenu dépressif, décide de nous raconter sa vie et de nous expliquer ce qui l’a amené à désespérer de tout. On comprend que ses déceptions professionnelles et surtout amoureuses ont détruit tous ses espoirs. A travers le parcours de ce personnage souvent détestable, on découvre aussi les faces cachées de notre société actuelle. On ressent une certaine désillusion face au monde d’aujourd’hui. La civilisation est en train de s’effondrer et certains n’y trouvent plus leur place.

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(#600) Helen Fitzgerald – The cry

Court résumé: Joanna et Allister s’envolent pour l’Australie avec leur bébé. Peu après leur arrivée, ils découvrent avec horreur que leur enfant a perdu la vie…

Mon avis:

Je remercie les éditions Les Arènes pour cette lecture!

Dès la première scène, particulièrement réussie, les personnages sont mis sous tension et le lecteur avec. La jeune maman est débordée pendant que le jeune papa remplit sa fonction en dilettante, mais ils sont heureux. Seulement, en quelques minutes, leurs vies vont voler en éclats.

La force de cette histoire réside dans le thème choisi. En effet, en se basant sur la disparition d’un enfant, l’auteure fait appel à notre côté maternel ou paternel. N’importe quel être normalement constitué ne peut qu’être bouleversé par le drame que vit le couple. Par conséquent, on se sent en empathie avec les acteurs, on entre dans le jeu et on se laisse embarquer dans l’engrenage.

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(#599) Johana Gustawsson – Sang

Court résumé: En Suède, une famille est massacrée dans sa maison. Ce sont les parents de Aliénor Lindbergh, analyste à Scotland Yard. La profileuse Emily Roy et l’écrivaine Alexis Castells mènent l’enquête…

Mon avis:

Je remercie les éditions Hauteville pour cette lecture!

Johana Gustawsson est une écrivaine française d’origine catalane, mariée à un suédois et vivant à Londres. Elle connaît bien les solutions médicales pour aider à la procréation. Et le moins que l’on puisse dire c’est elle met beaucoup de sa personne dans ses romans, surtout dans celle-ci. En effet, le récit alterne entre deux histoires et deux époques. La première qui concerne l’enquête principale, se passe en suède de nos jours et concerne une énigme autour de fécondation in vitro, pendant que le seconde s’intéresse au destin tragique d’enfants dans l’Espagne franquiste.

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