(#1100) Mathilde Beaussault – La colline

Court résumé: Un jour d’hiver, dans une cité de Rennes, un nouveau-né est découvert au fond d’un container à ordures. Vivant. Quelques étages plus haut, une jeune fille se vide de son sang. Elle s’appelle Monroe, elle a dix-sept ans. Dans cette chambre où sa mère l’a enfermée, Monroe revit les mois passés sur la colline, chez sa grand-mère Madeleine…

Mon avis:

Je remercie les éditions Seuil pour cette lecture!

Mathilde Beaussault est une grande admiratrice de Sandrine Collette et Ron Rash. Son premier roman « Les saules », salué par la critique et par moi-même, revenait d’ailleurs à l’essence même des œuvres de ces deux géants du roman noir : la ruralité et la précarité.

Pour son retour dans les librairies, l’autrice déplace son histoire en ville. Mais si le décor est différent, les ingrédients restent les mêmes. Dans ce roman choral, qui navigue entre les points de vue, le lecteur se retrouve au cœur d’une tragédie humaine. On entre dans les foyers de personnes modestes et instables où les infortunes semblent se cumuler et on suit aussi les services publics en pleine action.

D’un côté, la pauvreté engendre des individus fragiles, ignorants et violents. Et dans ce terreau propice, les drames ne sont jamais loin. Les personnages sont déstabilisants par leurs réactions et leurs comportements déviants. De l’autre côté, l’autrice met en exergue les héros du quotidien qui sauvent, qui guérissent et qui protègent la population. Ce sont les deux faces d’une même société, étouffée par le manque. L’écrivaine sait remuer nos entrailles en créant ces acteurs réalistes que l’on peut croiser tous les jours. Notre empathie envers eux en est décuplée. On devient les spectateurs de cet engrenage tragique où chacun est la victime de son destin.

« La colline » est la consécration de Mathilde Beaussault. Elle confirme tout son talent dans ce compte à rebours macabre qui fait grimper le suspense jusqu’à la fin. La tension est constante et j’ai eu du mal à respirer correctement durant la lecture. Toujours aussi adepte des parenthèses (qu’elle utilise à haute intensité), la plume de l’autrice est toujours aussi poignante. Je conseille donc fortement ce polar noir social qui ne vous laissera pas indemne ! Une claque !

Seuil Cadre Noir, 331 pages

Paru le 6 mars 2026, 19.90€

(#1099) Johana Gustawsson / Thomas Enger – Ici

Court résumé: Kari Voss, brillante comportementaliste spécialiste du langage corporel, travaille avec la police d’Oslo.Dévastée par la disparition de son fils sept ans plus tôt, elle s’est plongée dans sa vie professionnelle pour avancer. Pourtant sa douleur est ravivée quand deux adolescentes sont assassinées dans une maison de vacances au bord d’un fjord…

Mon avis:

Je remercie les éditions Calmann-Levy pour cette lecture!

Je suis un grand fan de Johanna Gustawsson, autant pour son talent que pour sa personnalité. Alors, lorsque j’ai vu qu’elle s’associait avec Thomas Enger, un auteur norvégien, lui aussi reconnu pour ses thrillers efficaces, je n’ai pas retenu mon enthousiasme.

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(#1098) Jacky Schwartzmann – Killing me softly

Court résumé: Tueur à gages, Madjid Müller accepte un contrat inhabituel : exécuter un homme accusé de pédophilie sous les yeux de celui qui fut sa victime, devenu prof à Sciences Po…

Mon avis:

Je remercie les éditions La Manufacture de livres pour cette lecture!

Jacky Schwartzmann fait partie de ces auteurs que j’aime retrouver régulièrement pour me détendre. En effet, au milieu de toutes mes lectures plutôt sombres, ses romans sont une parenthèse nécessaire à la décompression. Sans être vecteurs de bons sentiments, ils ont le mérite de nous dérider par leur humour.

En découvrant le pitch de ce nouvel opus, j’ai compris que l’aventure allait m’engager sur des chemins imprévisibles. Et je n’ai pas été déçu. La rencontre entre un tueur à gage et un vieillard sénile a tenu toutes ses promesses.

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(#1097) Alexis Laipsker – Qui vous ment ?

Court résumé: Le mensonge, sujet tabou. Pourtant, tout le monde ment. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, pas besoin d’être un expert pour remarquer quand quelqu’un nous cache la vérité. Spécialiste du bluff depuis vingt-cinq ans, Alexis Laipsker propose ses méthodes pour ne plus se laisser berner...

Mon avis:

De par son expérience dans le monde du poker et sa vocation récente pour l’écriture de thrillers, Alexis Laipsker peut être considéré comme un référant en matière de mensonges. Il a longtemps étudié ce thème pour sa vie professionnelle et aujourd’hui, il le met en pratique dans ses romans afin de nous torturer l’esprit. En marge de l’écriture de son nouveau bébé machiavélique, il a décidé de vous partager sa science pour que vous puissiez découvrir « Qui vous ment ? ».

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(#1096) Eva Bjorg Aegisdottir – Avant que tombe la nuit

Court résumé: Marsí, 14 ans, entretient une correspondance secrète avec un garçon, sous l’identité de sa sœur Stína, âgée de 16 ans. Le jour où ils se décident enfin à se rencontrer, sa sœur disparaît à l’endroit même du rendez-vous. Dix ans plus tard, l’affaire n’a pas été élucidée. Marsí reçoit une lettre signée de son ancien correspondant…

Mon avis:

Je remercie les éditions La Martinière pour cette lecture !

Ne me demandez pas pourquoi je n’ai pas lu plus de livres d’Eva Bjorg Aegisdottir ! Je ne saurai pas vous répondre. Mes deux premières incursions dans son univers m’avaient particulièrement plu, je n’ai donc pas d’excuses pour être passé à côté de certains. Heureusement, je me suis repris et j’étais présent pour son nouveau one-shot. J’y ai retrouvé tous les ingrédients qui font la réussite de cette autrice islandaise.

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(#1095) Nicolas Chemla – L’ensorcelé

Court résumé: Un homme, seul, marche en montagne. Chaque pas s’ajoute au précédent, impose son rythme à la pensée et mène vers les souvenirs, les succès et les échecs qui finissent par composer une vie…

Mon avis:

Je remercie les éditions du Cherche Midi et Babelio pour cette lecture!

Il y a des livres qui misent tout sur le style, sur l’ambiance, sur l’efficacité ou sur les personnages et il y a les expériences littéraires. « L’ensorcelé » fait partie de cette catégorie.

Dès les premières lignes, le lecteur est transporté dans une bulle mentale, celle du héros de cette histoire. On le suit dans un voyage qu’il a organisé pour créer une rupture et fuir son quotidien. Mais ce périple devient très vite un prétexte à une réflexion intérieure. Le personnage principal revient sur les évènements de sa vie, pour essayer de définir ce qui le constitue. Son destin est passé au scanner par l’intermédiaire de scènes qui sont révélatrices de ses succès et de ses échecs. A l’heure du bilan, il essaye de comprendre à quel moment certains éléments lui ont échappé.

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