(#690) Sophie Loubière – De cendres et de larmes

Court résumé: Madeline, Christian et leurs enfants rêvent d’un appartement plus grand où chacun aurait son espace. Quand l’occasion se présente pour Christian d’obtenir le poste de conservateur au cimetière de Bercy, avec un pavillon de fonction de 180 m2, la famille Mara n’hésite pas et s’y installe…

Mon avis:

Je remercie les éditions Fleuve pour cette lecture!

Je ne vais pas y aller par quatre chemins. J’aime beaucoup Sophie Loubière. C’est une écrivaine sympathique et souriante dont les livres me plaisent énormément. J’ai donc débuté celui-ci avec un certain plaisir. Mais cette fois-ci, mon ressenti s’avère plutôt mitigé.

Dans « De cendres et de larmes », j’ai retrouvé l’ambiance que sait si bien créer l’autrice. Elle nous entraîne dans un cimetière et nous plonge dans son univers particulier. On hume les odeurs, on matérialise l’obscurité, on entend les sons, on ressent les textures. Le lecteur s’imprègne du quotidien de la famille et de son environnement. Les personnages sont toujours aussi fouillés. On découvre leurs tracas intimes, leurs métiers prenants, tout ce qui déborde sur leur vie tranquille.

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(#689) Jérôme Loubry – Les sœurs de Montmorts

Court résumé: Julien Perrault vient d’être nommé chef de la police de Montmorts. Ce village isolé est financé par un riche propriétaire. Mais des évènements inattendus viennent troubler la quiétude du lieu…

Mon avis:

Je remercie les éditions Calmann-Levy pour cette lecture!

Depuis quelques années, Jérôme Loubry s’est imposé dans le thriller français comme le maître de retournement de cerveau. Pour ma part, j’avais tenté l’expérience avec « Les refuges » et j’ai pu constater que sa réputation n’était pas usurpée.

La nouvelle aventure proposée est une mise en abime. L’histoire de ce petit village et de ses drames est en fait un texte lu par un personnage. Cette double lecture crée d’emblée un flottement entre la réalité et la fiction. Ce flou est accentué, quand au cœur du roman, des événements surprenants entraînent les protagonistes dans des scènes sidérantes. On navigue alors à la lisière du fantastique. La raison du lecteur est mise sens dessus dessous. On ne sait plus à quoi se raccrocher. Plus on avance moins on comprend et c’est assez déstabilisant.

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(#688) Bernard Werber – Nous, les Dieux

Court résumé: Ayant réussi sa mission d’ange, Mikaël Pinson, se retrouve promu élève-dieu sur l’île d’Aeden dans une étrange école où il rejoint 144 élèves…

Mon avis:

Je remercie Netgalley et Audiolib pour cette lecture!

Je dois l’avouer (avec une certaine honte) : Je n’avais jamais lu de Bernard Werber. J’ai donc profité de la sortie de ce roman en version audio pour corriger cette erreur. « Nous, les dieux » est le premier volet de la trilogie du cycle des Dieux. Après la découverte de l’état d’ange, l’auteur envoie son héros dans une école qui forme les divinités.

La narration alterne entre le roman lui-même et des points culture. En ce qui concerne la fiction, l’histoire racontée par l’auteur m’est très vite apparue superficielle. J’ai trouvé les passages naïfs, caricaturaux et prévisibles, comme dans une aventure pour enfants ou adolescents. Les personnages sont irréels et caricaturaux et ne déclenchent aucune empathie. Certaines scènes sont même à la limite du grotesque tant elles sont puériles et déjà vues.

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(#687) Sorj Chalandon – Enfant de salaud

Court résumé:

Depuis l’enfance, une question torture le narrateur : Qu’as-tu fait sous l’occupation ? Mais il n’a jamais osé la poser à son père…

Mon avis:

Je remercie les éditions Grasset pour cette lecture!

Sorj Chalandon fait partie des écrivains qui m’ont le plus touché durant ces dernières années. A chaque nouveau roman, il déclenche une vague d’émotions qui laisse des traces dans mon esprit pendant plusieurs jours.

Pour ce nouvel opus, il revient sur le gros dossier de son père déjà abordé dans le magnifique « Profession du père ». Il s’attarde cette fois-ci sur une de ses autres parts d’ombre. Lors de ses recherches, il comprend rapidement s’être fourvoyer sur son rôle pendant la guerre. Toutes les histoires racontées par son géniteur s’avèrent être fausses ou déformées. Son destin guerrier devient de ce fait beaucoup moins glorieux.

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(#686) Marie Battinger – Ainsi se brise la ligne

Court résumé: Emma se réveille à l’hôpital après un accident de voiture. Elle est indemne mais a oublié les 5 dernières années de sa vie, et sa sœur aînée, Flora doit mettre un terme à sa carrière de danseuse à l’opéra. Il apparaît qu’Emma pourrait avoir provoqué l’accident…

Mon avis:

Je remercie les éditions Les Nouveaux Auteurs pour cette lecture!

Marie Battinger est une jeune écrivaine dont le premier roman avait fait forte impression. Je dois reconnaître que j’étais passé à côté à l’époque. J’ai donc pris l’arrivée de son second opus comme une opportunité de me faire une opinion.

L’histoire nous est racontée à la première personne. On est dans la tête d’Emma qui a perdu la mémoire. Dans les mêmes dispositions qu’elle, à chaque nouvelle information, on assiste au délitement de sa vie. Au fil de l’enquête, les révélations se succèdent en sa défaveur. Elle subit le comportement méprisant de certains membres de sa famille. Elle se sent complètement lâchée par ses proches et n’en comprend pas la raison. Dans ce flou, la tension monte au fur et à mesure que la vérité se dévoile.

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(#685) Ian Manook – L’oiseau bleu d’Erzeroum

Court résumé: 1915, Araxie, dix ans, et sa petite sœur Haïganouch, six ans, échappent par miracle au massacre des Arméniens par les Turcs. Déportées vers le grand désert de Deir-ez-Zor et condamnées à une mort inéluctable, les deux fillettes sont épargnées grâce à un médecin qui les achète comme esclaves, les privant de leur liberté mais leur laissant la vie sauve…

Mon avis:

Je remercie les éditions Albin Michel pour cette lecture!

Depuis 2013, Ian Manook occupe régulièrement les rayons polars et thrillers de nos librairies, dans lesquels il s’est fait un nom. Mais cette fois-ci, il revient avec un roman beaucoup plus intime. Il nous raconte l’histoire de son pays d’origine à travers les destins croisés de personnages de l’époque.

Il débute son récit en 1915, au moment du génocide des Arméniens. Alternant entre plusieurs protagonistes de camps différents, de classes sociales différentes et de responsabilités différentes, il nous dresse le tableau des évènements. On découvre le drame sous toutes ses facettes et on le vit de l’intérieur.

Dans ces conditions de vie désastreuses, les personnages principaux apparaissent comme des lumières dans la nuit. Leurs caractères bien trempés, leur humanité débordante et leur solidarité à toutes épreuves, les rendent particulièrement attachants. On se passionne pour leurs aventures. On vit avec eux les épreuves qu’ils subissent. On éclipse un peu les exécutions, les lapidations, les déportations, la famine afin de mettre nos espoirs dans les exploits de ces héros et héroïnes.

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