Louise Erdrich – Dans le silence du vent

Injustice et impuissance

Ma lecture actuelle

Court résumé: Après le viol brutal de sa mère, Joe, 13 ans, va voir sa vie bouleversée. Il n’aura dès lors pas le choix de mener sa propre enquête pour espérer pouvoir la venger. Son innocence va dorénavant être fortement impactée.

Mon avis: Joe se trouve confronter, avec toute la naïveté de sa jeunesse, à la cruelle réalité des adultes et plus particulièrement de son peuple. A travers son parcours initiatique, il nous ouvre les yeux sur les conditions encore difficiles des indiens aux États-unis. Il découvre aussi la violence et les effets collatéraux d’un viol, crime qui reste quasiment impuni pour cette population. D’ailleurs celle-ci préfère garder le silence plutôt que de s’exposer à une justice qui ne lui est que rarement favorable.

Louise Erdrich utilise une très belle écriture pour nous délivrer les sentiments les plus intimes de ses personnages. Elle nous fait participer à la solidarité de ces familles unies, laissées à leur triste sort dans les réserves amérindiennes. Avec l’aide de quelques scènes cocasses, elle apporte tout de même un peu de fraîcheur au milieu de ce drame humain, mélange de douleur et d’impuissance.

« Dans le silence du vent » fait partie des grands romans sur l’existence que l’on reconnaît par les blessures qu’il laisse dans notre esprit après la fermeture du livre.

Albin Michel 462 pages

17/20

Pierre Lemaître – Robe de marié

Duel machiavélique

Ma lecture actuelle

Court résumé: Sophie, une jeune femme, est en train lentement de tomber dans la démence. En effet, plusieurs signes inquiétants viennent perturber son quotidien. Ces petits tracas vont vite transformer sa vie en une série de meurtres dont elle n’a aucun souvenir. Elle décide alors de fuir mais son triste passé va la rattraper.

Mon avis: Pierre Lemaître nous met dans une position délicate. En effet, on vit les événements grâce aux différents points de vue des protagonistes qui participent à cette guerre des nerfs. On est transporté dans les quotidiens de ces personnages qui vont s’avérer étroitement liés. Ces destins torturés vont créer en nous la confusion quant aux possibles échappatoires de cette histoire. On est alors pris dans l’engrenage, on est tantôt déstabilisé, tantôt frustré, tantôt énervé mais on se laisse délibérément attirer dans cette aventure malsaine. Tous les coups sont permis, c’est parfois et même souvent très méchant, mais ça aguiche de manière perverse notre côté obscur.

Pierre Lemaître a toujours une écriture agréable et nous offre un scénario très bien ficelé sur les ravages de la manipulation. Je voulais découvrir mon premier « Lemaître des thrillers » et je suis maintenant convaincu que ce ne sera pas le dernier.

Le livre de poche 314 pages

16/20

Marcel Proust – Du côté de chez Swann

Overdose…

Du cote de chez Swann

Court résumé: Dans une première partie, le narrateur nous raconte son enfance à Combray, sa relation avec ses proches et ses voisins, ses premières lectures. Dans la seconde partie, Marcel Proust nous raconte les origines du personnage de Mr Swann.

Mon avis: Toujours avec l’objectif de rattraper mon retard en ce qui concerne la littérature classique, je me devais de m’attaquer à un de ses sommets.
Dès les premières lignes, j’ai senti que j’entrais dans un monde où le style est roi. Chaque phrase de Marcel Proust est une friandise et chaque page est une boîte de ces friandises. Je me suis donc régalé de ces mots qui ont aguiché mes papilles de lecteur. Seulement, passé l’émerveillement des premiers paragraphes, la succession de belles mises en forme m’a conduit à l’indigestion. J’ai souvent fait l’éloge de romans qui n’avaient pas grand chose à nous raconter mais qui se distinguaient par une plume extraordinaire.

Marcel Proust, lui, n’a strictement rien à nous raconter! Il nous livre un décorticage des sentiments du narrateur dans des scènes plus que banales de la vie quotidienne. Je ne me suis ni reconnu en lui, ni senti en empathie pour lui et ses « petites contrariétés » ne m’ont paru intéresser que lui.
La deuxième partie de ce 1er volume est pour sa part plus accessible. Mais même cette histoire qui nous narre l’évolution de l’amour de Mr Swann envers sa bien aimée sur fond de repas bourgeois, manque d’événements, de scènes qui pourraient marquer mon esprit.

N’en déplaise aux puristes, Marcel Proust est effectivement un maître des mots, mais je me suis cruellement ennuyé devant cette masturbation stylistique. Cela n’engage que moi, ne me mettez pas au pilori!

Folio (poche) 420 pages

10/20

Donato Carrisi – Le chuchoteur

Crimes en série

Le chuchoteur

Court résumé: Cinq fosses sont retrouvées avec cinq petits bras gauches à l’intérieur. Ils correspondent à cinq fillettes disparues. La criminelle est sur le coup mais fait appel à Mila Vasquez, spécialiste des disparitions d’enfants, lorsqu’un sixième bras est retrouvé.

Mon avis: Ce qui est original dans ce thriller c’est que la trame générale de l’enquête ouvre, à chaque nouveau cadavre, les portes d’une nouvelle affaire. Le coupable des crimes principaux utilise le corps de ses victimes pour lancer les investigations policières sur d’autres pistes toutes aussi glauques.Grâce à ce scénario, Donato Carrisi imagine un puzzle dans lequel les enquêteurs vont essayer de retrouver les pièces pour découvrir le tableau général.

Je me suis laissé embarqué dans cette atmosphère sombre et malsaine de disparitions d’enfants qui donne des frissons dans le dos. Le personnage de Mila est travaillé et très attachant, et on se sent en empathie perpétuelle avec elle tout au long de ce long cauchemar.

Avec une écriture agréable et accessible, Donato Carrisi multiplie les rebondissements et les révélations. Avec habileté, il m’a véritablement scotché à sa cérémonie pourtant macabre.
La suite, la suite!

Le livre de poche 567 pages

17/20

J.M Erre – Prenez soin du chien

Plaisir drôle!

Prenez soin du chien

Court résumé: Max Corneloup, auteur de romans feuilletons et Eugène Fluche, peindre sur coquilles d’œufs, s’installent chacun dans un immeuble. Leur appartements sont en vis-à-vis. Le voisinage est suspect et chacun surveille l’autre. Jusqu’au jour où un cadavre est découvert!

Mon avis: J.M Erre met en scène le quotidien particulier de voisins particuliers, à qui il arrive des aventures particulières. Tous ces personnages hauts en couleur vont interagir dans une multitudes de scénettes toutes aussi cocasses les unes que les autres. L’auteur utilise un jeu original dans sa narration. Il passe du journal intime d’un habitant, à une lettre d’une voisine, en passant par des articles de journaux. Il crée une micro société où chaque action et décision d’une personne va entraîner sa conséquence sur la vie d’autrui. Ainsi les événements drolatiques se succèdent comme des dominos jusqu’au final très surprenant.

J’ai passé un très bon moment à la lecture de ce livre tant l’humour de J.M Erre a fonctionné sur moi. J’ai été enthousiasmé par cette pléiade d’individus loufoques et par cette enquête des plus désopilante. J’ai d’ailleurs pris de bons fous rires lors de certaines séquences de ce Cluedo déjanté.

Et pour la bonne humeur, ça fait vraiment du bien de rire en lisant! Je le conseille donc à tous ceux qui veulent se divertir sans prise de tête!

Points (poche) 279 pages

16/20

Frank Bill – Donnybrook

Sniffer une ligne de testostérones

Donnybrook

Court résumé: « Donnybrook » est un tournoi de combats à mains nues qui se déroule sur un terrain de cinq cents hectares dans les forêts du sud de l’Indiana. Différents personnages guidés par leurs propres obsession, vont se diriger irrémédiablement vers ce haut lieu de la drogue, de la violence, de l’argent et du sexe…

Mon avis: Si vous cherchez à faire monter votre adrénaline et laisser s’exprimer vos pulsions les plus primaires, laissez votre cerveau au vestiaire et lancez vous dans « Donnybrook »!

Dès l’ouverture du livre, vous recevez un coup de poing…suivi d’un coup de genou, d’une rafale de balles et d’une bouffée de méthamphétamines. On y suit plusieurs personnages, plusieurs destins en quête d’argent ou de vengeance, qui vont se croiser avec étincelles dans différentes scènes d’actions violentes. Le but ultime de tous ces têtes brûlées est d’arriver à Donnybrook pour remplir leurs objectifs respectifs. Cela ne passe ni par la poésie, ni par la finesse, ni par l’introspection mais par un déferlement de colère et de baston.

J’ai pris beaucoup de plaisir avec cet éventail de personnalités atypiques et cette démonstration de violence percutante qui m’ont secoué sans interruption du début à la fin. Moins, cela aurait été frustrant, plus, cela aurait été trop, mais 200 pages de testostérones, ça déchausse vraiment les dents!

Gallimard 234 pages

16/20