Haruki Murakami – 1Q84 Livre 2

Dans le vif…

Court résumé: Dans sa recherche du châtiment des agresseurs de femmes, Aomamé se lance à la poursuite de son ultime cible. Pendant ce temps, Les Précurseurs semblent se rapprocher irrémédiablement de Tengo.

Mon avis: Dans le premier roman, il nous avait fait découvrir les protagonistes et avait posé les bases. Dans le deuxième tome, Murakami perpétue la destinée d’Aomamé et Tengo, en intégrant de plus en plus de fantastique.

Le monde de 1Q84 prend le pas sur le monde réel, et nos deux amis continuent d’avancer dans leur quête respective. Pour ce faire, Aomamé doit mener à bien sa mission d’élimination du Leader, et Tengo gérer la disparition de son amie mariée, la fuite de Fukaeri et et les différentes pressions exercées par Ushikawa. Dans ce volume, on  commence à appréhender de mieux en mieux le contenu de « la chrysalide de l’air »,  le rôle des Little People, des deux lunes et des Précurseurs, mais le tout reste encore un peu flou et complexe. Comme dans le brouillard, on prend ce que l’auteur nous donne, mais on ne peut imaginer ce qu’il nous  prépare pour la suite.

L’écriture est belle, un peu répétitive parfois. Le récit est prenant quoiqu’un peu lent et parsemé de sexe, comme sait si bien le faire Murakami. L’action est un peu plus présente dans cet opus que dans le précédent, ce qui le place un cran au dessus en terme d’attractivité.  On s’accroche pour ressentir l’œuvre au complet…

 

15/20

Deon Meyer – Le pic du diable

Parmi les Meyer!!!

Court résumé: Thobela, ancien agent du KGB, s’occupe de son fils adoptif Pakanile. Jusqu’au jour, où celui-ci est abattu par accident par des criminels lors d’un braquage de station service. Armé d’une sagaie, Thobela va dès lors traquer tous les bourreaux d’enfants du pays pour rendre sa justice. L’inspecteur Griessel, alcoolique rejeté par sa famille, va se lancer à sa poursuite pour stopper ces meurtres.

Mon avis: C’était mon premier Deon Meyer. Et là où il se démarque, c’est sur sa narration en trois parties. Contrairement à la plupart des polars, on ne s’interroge jamais sur l’identité du meurtrier (on connaît son identité dès le début), mais on cherche simplement  quel est  l’utilité de tous les protagonistes dans le déroulement de l’aventure. Il nous présente un puzzle de points de vue qui se construit progressivement: Au fil de la lecture, on se rend compte que l’histoire de la prostituée, qui paraissait pourtant anodine et même isolée, joue finalement un rôle plus que primordial sur le dénouement de l’histoire.

Grâce à son écriture agréable et à la structure de son récit, l’auteur  nous fait découvrir l’Afrique du Sud et son atmosphère, sans réel suspense mais avec beaucoup d’interrogations, qui nous  attirent sans résistance jusqu’au bout. Un léger manque de rythme à certains moments pénalise un peu l’œuvre mais le tout reste un polar/roman noir atypique qui en appelle d’autres…

 

16/20

Haruki Murakami – 1Q84 livre 1

Cartésiens s’abstenir!

Court résumé: « 1Q84 » est une oeuvre composée de 3 livres. Ce premier opus suit deux personnages. Aomamé, tueuse à gage, qui assassine les agresseurs de femmes et qui découvre qu’elle vit depuis peu, dans un monde parallèle. Et Tengo, professeur trentenaire, qui rêve d’écrire un bon roman et qui se lance dans la réécriture d’un récit « La Chrysalide de l’air », sorti tout droit de l’imagination d’une jeune fille de 17 ans.

Les deux histoires semblent unies par le passé et par l’existence d’une secte.

Mon avis: Après avoir lu « Kafka sur le rivage », je compte parmi les adeptes du style Murakami. Et « 1Q84 » en est encore un parfait exemple. Le roman nous narre deux aventures parallèllement liées, et qui restent en phase avec la réalité, une bonne partie du volume. La part d’irrationnalité n’intervient que par brides, et je comprend qu’elle puisse déstabiliser le non-initié, au premier abord.

Murakami crée de la magie qu’il intègre à un monde tangible, et c’est là que la poésie opère ou n’opère pas.
Ce premier tome permet de mettre en situation les deux protagonistes, de nous les présenter, avec leur passé et leur but à atteindre. La secte des Précurseurs est omniprésente et devient le fil qui relie les deux histoires. Cette histoire se lit rapidement même si le rythme n’est pas forcément très élevé, et j’ai hâte de voir ce que Murakami nous réserve pour la suite. Il semble avoir posé les bases, il ne lui reste plus qu’à entrer dans le dur…car je ne pourrai apprécier la qualité de cette histoire que sur la totalité de l’oeuvre.

14/20

Paul Auster – La trilogie New-Yorkaise

Paul Auster dans toute sa splendeur

Court résumé: « La trilogie New-Yorkaise » est un recueil de trois romans: « Cité de verre », « Revenants » et « La chambre dérobée ».

Dans le premier, Quinn, un écrivain , se fait passer par erreur pour un détective privé et va enquêter sur un professeur, religieux extrémiste, soupçonné par sa cliente de vouloir tuer son fils. Dans le second, un détective privé nommé Bleu,  va prendre en filature Noir,sur demande de son client Blanc. Dans le dernier, Fanshawe va prendre la place de son ancien ami disparu: il va publier ses manuscrits, épouser sa femme et adopter son fils.

Mon avis: Trois histoires, trois destins énigmatiques, basés sur une recherche de soi par la quête des autres. Dans chaque récit, le personnage principal se lance, pour des raisons professionnelles ou personnelles, dans une observation et une analyse de l’autre, et finit par se remettre lui-même en question.

Dans « Cité de verre », Quinn se perd en essayant de suivre ses convictions. Dans « Revenants », Blanc se laisse piéger par ses propres actes. Et dans « La chambre dérobée », Fanshawe reste finalement hanté par ses choix.
Même si pour « Les revenants », j’ai eu plus de mal à rentrer dans le sujet, du fait de la neutralité des personnages, les trois récits m’ont emporté avec délectation, dans ce dédale New-Yorkais entre réalité et métaphysique.

Une certitude: Paul Auster écrit toujours aussi bien. Grâce à son sens de la narration, il nous entraîne dans le sillage de ses mystères, et inscrit avec force, ses contes identitaires dans nos mémoires: des contes qui n’ont pas réellement de fin mais qui trottent encore et encore dans notre inconscient.

16/20

Henning Mankell – Meurtriers sans visage

Premier Mankell

Court résumé: Dans une ferme isolée de Suède, un couple de paysans est retrouvé brutalement assassiné. Juste avant de mourir, la femme a juste chuchoter le mot « étranger ». Kurt Wallander va devoir enquêter et gérer les réactions excessives que vont entraîner les révélations de ce meurtre.

Mon avis: Dans mon exploration du monde du polar, Henning Mankell me semblait faire partie des incontournables. Alors j’ai voulu débuter par la première enquête de son inspecteur favori: Kurt Wallander.

Son écriture est plutôt simple et s’inscrit dans la même lignée qu’un Stieg Larsson, d’un Indridason, d’un Harlan Coben, ou d’une Mary Higgins Clark: Ce qui permet de le lire dans n’importe quelle circonstance! Seulement là où les autres, ont su créer, quelquefois, des histoires passionnantes, Henning Mankell m’a laissé un goût de déception. Les victimes ont peu d’intérêt, le mobile du meurtre est classique, le récit manque d’action et la fin ne m’a pas bluffé.

Beaucoup d’ingrédients importants manquent donc à ce polar mais je me rassure en pensant que c’était son premier et qu’apparemment il a fait bien mieux par la suite… on verra!

13/20

Davis Grossman – Une femme fuyant l’annonce

Grand écrivain…

Court résumé: Ora, une femme israélienne séparée de son mari depuis peu, décide de partir en voyage en Galilée, après que son deuxième fils Ofer se soit engagé pour une opération militaire en Palestine. Dans sa fuite de l’annonce de la mort de son fils, elle entraîne Avram, son amour de jeunesse.

Mon avis: David Grossman nous décrit, tout au long de ce voyage et à travers de longs dialogues, le destin poignant de cette famille israélienne. Ora veut s’éloigner de la nouvelle qu’elle redoute et en profite pour faire un flashback et ainsi retracer sa vie, en se confiant à Avram, un des personnages essentiels de sa destinée. On y découvre ses amours, ses mystères, ses espérances et ses regrets… comme si le fait de revenir dans le passé pouvait retarder le futur.
C’est un livre bouleversant d’humanité, qui m’a saisi, malgré sa longueur mais grâce à une écriture vraiment exceptionnelle, très exigeante.

Plus qu’un grand livre (élu meilleur livre de 2011 par le magazine Lire), j’ai découvert un grand écrivain.

16/20