Finalement hypnotisant

Court résumé: L’auteur raconte son expérience d’ouvrier à la chaîne…

Mon avis:

Merci à lecteurs.com et les éditions La table Ronde pour cette lecture!

Ce livre est éligible au Prix Orange du Livre 2019 dont je suis juré.

Autant vous prévenir tout de suite, il s’en est fallu de peu que ce roman passe à la trappe. Lors des quatre-vingts premières pages, je n’ai pas accroché. J’ai été tout d’abord dérangé par le style. Joseph Ponthus a choisi une mise en page originale mais assez déstabilisante. Pour donner une musique à son  histoire et calquer le rythme sur celui des chaines de production, il coupe ses phrases en plusieurs parties, en revenant très souvent à la ligne et sans aucune ponctuation. Cela accélère le tempo de la lecture, j’ai eu l’impression de lire comme un automate et de passer à côté de la profondeur des évènements.

Ensuite, dans cette première partie, le thème abordé m’a un peu lassé. Si vous n’avez jamais connu le travail en usine, ce texte va vous interpeller. En totale immersion, il va vous surprendre sur les dures conditions auxquelles sont confrontés les ouvriers de ces entreprises. Mais moi, qui ai vécu cette situation, lorsque j’étais lycéen durant mes vacances scolaires, j’ai eu l’impression de retourner derrière ses machines et je ne peux pas dire que j’en avais gardé un bon souvenir.

Ce dimanche après-midi, j’ai donc posé le livre, avec le souhait très rare chez moi, de l’abandonner. Le soir, les remords me titillant, j’ai quand même voulu donner une seconde chance au livre. Et là, sans pouvoir l’expliquer, la magie a opéré. Les lignes ont défilé devant mes yeux et j’ai été envoûté par le texte mécanique, plein de colère et de poésie. J’ai tourné les pages avec frénésie. Grâce à une écriture sobre et très accessible, je suis entré dans le monde de l’auteur en apnée pour n’en ressortir qu’à la fin, déboussolé.

Je ne sais pas si Joseph Ponthus est un futur grand écrivain. Je ne sais pas non plus s’il sera capable de se renouveler.

Mais en tout cas, avec « A la ligne »

il a créé une œuvre originale

et captivante

parfois caricaturale

que vous ne lâcherez pas

si vous daignez persévérer

La table ronde, 266 pages

18€

"

  1. Virginie dit :

    Joli fin que celle de cet article, le premier que je lis en tant qu’abonnée au blog.
    J’ai vu l’auteur dans la grande librairie mais c’est ici que j’ai eu l’envie.
    Merci.

    Aimé par 1 personne

  2. Jostein dit :

    Aussitôt lu ( ce dimanche après-midi), aussitôt en ligne. Tu écris ( bien, en plus) aussi vite que ton ombre. J’avais lu de bonnes critiques sur ce livre, ton avis me laisse tout de même douter d’une future lecture. Le « caricatural » me chiffonne un peu. Peut-être pas une priorité pour moi

    J'aime

  3. Je ne lis pas ta chronique pour l’instant. J’emporte le bouquin avec moi à Paris mardi pour le lire dans le train. Et je rencontre l’auteur à Montpellier le 19 mars…

    Aimé par 1 personne

  4. Je vois que tu n’es pas ressorti
    indemne de ta lecture
    en tout cas, tu as piqué
    ma curiosité
    c’est certain

    Aimé par 2 personnes

  5. lebouquinivre dit :

    En
    Effet
    Très
    Original
    🙂

    Aimé par 1 personne

  6. C’est une de mes prochaines lectures et ta chronique me donne encore plus envie de le lire. Je l’ai découvert à La Grande Librairie

    Aimé par 1 personne

  7. Ada dit :

    Je n’ai pas connu le travail en usine (pourtant, mon milieu m’y prédestinait mais je suis trop faible physiquement), par contre, je connais pas mal de gens qui y ont bossé. J’ai vu l’auteur à La Grande Librairie, ça m’a donné envie, mais j’hésite à cause du style. Pourtant, ça a vraiment l’air d’être un grand livre…

    Aimé par 1 personne

  8. alexmotamots dit :

    Une lecture particulière qui me tente de plus en plus.

    Aimé par 1 personne

  9. Eve-Yeshé dit :

    découvert à la grande librairie pour moi aussi, j’avoue que j’hésitais mais après avoir lu ta critique,cela change la donne….

    Aimé par 1 personne

  10. […] rapproche de ce genre de formats. Son passage à La Grande Librairie avait attisé ma curiosité, la chronique d’Anthony m’a convaincue. Joseph Ponthus écrit son quotidien dans des usines, d’abord une […]

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s