Court résumé: Une jeune fille, au pied de son immeuble, s’entraîne contre un mur. Elle frappe la balle avec sa raquette, inlassablement, pour fuir la folie de son pays et de sa famille, pour échapper à la colère de son père, à l’amour en désordre de sa mère, à la pâleur de sa soeur…
Mon avis:
Je remercie les éditions JC Lattès et NetGalley pour cette lecture !
Le titre du livre est trompeur. Oui, la narratrice joue au tennis, oui, elle veut devenir une championne, mais ce n’est pas du tout le thème principal. Elle utilise le sport comme une psychanalyse, une forme d’exutoire.
Dans cette dystopie, le lieu n’est pas précisé, pas plus que le nom de celle qui raconte. C’est un monde imaginaire décrit par ces mots : « Le pays des hommes qui tuent les femmes ». Dans cet environnement dangereux, l’héroïne débute un monologue, le mord entre les dents. Elle n’y va pas quatre chemins pour exprimer ses ressentiments. Elle s’attaque à la toxicité et à la violence de la famille et plus globalement de la société.
En creusant ses relations avec son entourage, elle développe le paradoxe de la famille, qui est souvent mauvaise pour notre karma mais dont on a du mal à s’éloigner. L’amour parental est remis en question dans sa façon de traiter l’enfant. Les dérives de la communauté sont aussi montrées du doigt. Le texte traite de l’acceptation de la différence : différences de classes sociales, de physiques, de sexualités, qui sont la plupart du temps rejetées par le plus grand nombre.
Entre fureur et de culpabilité, ce témoignage nous touche parce qu’il vient du cœur. La jeune fille révoltée espère malgré tout un avenir meilleur. Avec de longues phrases envoutantes, elle tourne un peu en rond dans ses réflexions mais nous garde sous tension grâce à la promesse d’une révélation.
En dépit de sa légère folie, on ne peut pas dire qu’elle transpire la stabilité, la narratrice joue un rôle une lanceuse d’alerte. Ce qu’elle voit, ce qu’elle subit dans son pays, prédit ce qui pourrait aussi nous arriver, si on laisse les comportements se radicaliser sans réagir. Un roman intransigeant sur la condition de la femme et la violence patriarcale !
JC Lattès, 360 pages
Paru le 19 août 2026, 20.90€


