(#388) Bernard Minier – Sœurs

Confirmation

Court résumé: Mai 1993, deux soeurs sont retrouvées assassinées dans les bois. Elles étaient fans d’Erik Lang, un écrivain à succès. D’ailleurs, le mode opératoire du tueur ressemble fortement à celui utilisé dans un des romans de l’auteur…

Mon avis:

Merci aux éditions XO pour cette lecture!

Il y a quelques années, « Glacé », le premier roman de Bernard Minier m’avait laissé une très bonne impression. J’avais découvert un thriller efficace et surprenant. Depuis, sans véritables explications,  je suis passé à côté des différentes suites qui sont sorties. J’ai donc ouvert  le cinquième épisode des aventures de Martin Servaz avec un certain enthousiasme.

Cette histoire démarre dans les années 90. On retrouve le commandant lors de ses premiers pas dans la Police Judiciaire. En tant que bleu, il assiste à ses premiers meurtres et découvre le métier dans l’ombre des anciens. Cette affaire résolue va laisser des traces dans son esprit et un sentiment de doute va le suivre tout au long de sa carrière. Le lecteur est ensuite projeté vingt-cinq ans plus tard, avec un Servaz plus expérimenté à la manœuvre. Il est confronté à un nouveau crime dont les liens avec le passé semblent évidents.

Le retour en arrière de la narration permet au lecteur de constater les changements qui ont pu intervenir dans l’organisation du système judiciaire. Les méthodes utilisées à l’époque ne sont plus d’actualité et la manière d’appréhender un suspect est plus « respectueuse ». Lire la suite

(#387) Virginie Despentes – Vernon Subutex 3

Fresque mordante

Court résumé: On retrouve la bande de Vernon Subutex qui vit au rythme des « Convergences », soirées aux effets surprenants…

Mon avis:

Merci aux éditions Le Livre de Poche pour cette lecture!

Quoi vous dire sur Vernon Subutex 3 que je n’ai pas déjà développé dans les deux précédents opus ?  Je vais donc un peu me répéter. En effet, ce dernier volet reprend tous les éléments positifs qui font de cette série une œuvre à part entière.

On y retrouve l’ensemble des personnages dans l’état où on les avait laissés. Et ils sont toujours aussi nombreux. D’ailleurs, à cet effet, l’autrice a placé une didascalie initiale pour pouvoir s’y retrouver. Cela s’avère très utile afin de remettre les acteurs dans le contexte. Comme précédemment, le lecteur passe d’un protagoniste à l’autre. On entre dans l’esprit de chacun sans modération et les pensées sont livrées telles quelles. Libéré de la censure, le texte n’est pas avare de déclarations chocs, parfois crues, parfois drôles qui une nouvelle fois rejette le politiquement correct. Tout au long des chapitres, on se régale de cette liberté de ton qui explose les codes. Lire la suite

(#386) John Le Carré – L’héritage des espions

L’espionnage de l’intérieur

Court résumé: Peter Guillam, retraité des services de renseignement, est convoqué à Londres pour s’expliquer sur une opération à laquelle il a participé pendant la guerre froide…

Mon avis:

Merci aux éditions Seuil pour cette lecture!

Je connaissais de renommée de « L’espion qui venait du froid », j’avais vu le film « La Taupe » au cinéma, il ne me restait plus qu’à lire l’auteur original de ces œuvres. John Le Carré, ancien agent du service de renseignement britannique est reconnu pour sa connaissance du milieu et ses écrits proches de la réalité. J’avais donc hâte de découvrir un vrai roman d’espionnage.

Alors, attention, quand je vous parle de roman d’espionnage, ne vous attendez pas à une aventure à la James Bond ou à la Mission Impossible, avec des poursuites, des fusillades et des gadgets. Ce n’est pas du tout le cas. En l’occurrence, l’action se déroule bien dans le monde des agents secrets mais pendant la guerre froide. Et là, en cette période, les missions de renseignements étaient surtout basées sur la psychologie. Les états utilisaient les qualités relationnelles de leurs espions afin de déstabiliser les autres puissances mondiales. C’était un jeu de dupes, entre information et désinformation, dans lequel chacun manipulait l’autre. Lire la suite

(#385) Michaël Connelly – Sur un mauvais adieu

Un très bon cru!

Court résumé: Un vieux milliardaire fait appel à Harry Bosh pour retrouver son éventuel héritier. D’autre part, Harry doit enquêter sur un violeur en série qui sévit dans la ville…

Mon avis:

Merci aux éditions Calmann-Levy pour cette lecture!

C’est difficile pour moi de faire une chronique d’un livre de Michaël Connelly. J’ai toujours l’impression de me répéter. A chaque nouvel opus, mon ressenti est le même, comme si la qualité de ses romans était constante. Et cette dernière lecture ne déroge pas à la règle.

On retrouve Harry Bosh là où on l’avait laissé dans « Jusqu’à l’impensable ». Depuis le début de ses aventures il y a 25 ans, il a vieilli bien sûr, sa situation professionnelle a changée mais il a gardé tout ce qui fait de lui notre inspecteur préféré. En tant que fan de la série, j’adore voir évoluer ce personnage captivant auquel je me suis vraiment attaché. Mais une fois de plus, la réussite de l’épisode ne repose pas uniquement sur le charisme de l’acteur principal. Elle s’appuie aussi sur un scénario parfaitement huilé et renversant. Lire la suite

(#384) Wendy Walker – Emma dans la nuit

Manipulation psychologique

Court résumé: Il y a trois ans, Emma et Cassandra, les deux sœurs Tanner, ont disparu mystérieusement. Aujourd’hui, Cass réapparaît et raconte aux enquêteurs leur enlèvement…

Mon avis:

Merci aux éditions Sonatine pour cette lecture!

Si comme moi, vous avez aimé « Tout n’est pas perdu », le premier roman de Wendy Walker, vous ne serez pas désorientés. En effet, pour ce nouvel opus, elle reste dans le même genre de littérature, le thriller psychologique. Elle a gardé la même recette dans laquelle elle utilise la complexité du cerveau et de la mémoire pour mieux nous manipuler.

Le récit est structuré en deux points de vue. A la première personne, on entre dans la tête de Cass, qui nous relate sa version de sa disparition. On suit aussi en parallèle les investigations de la psychiatre de la police qui cherche à retracer ce qu’il s’est vraiment passé. Au fil des pages, on comprend que la famille Tanner cache des faits et ne dit pas tout. Notre suspicion passe alors de personnage en personnage. Lire la suite

(#383) Annie Ernaux – Mémoire de fille

Souvenir caché

Court résumé: Été 1958, Annie Ernaux arrive dans la colonie S. Sa jeunesse et son naïveté vont l’entraîner dans une spirale émotionnelle…

Mon avis:

Merci aux éditions Folio pour cette lecture!

Annie Ernaux a créé une œuvre presque essentiellement autobiographique. Chaque roman concerne une partie de sa vie. Pour « Mémoire de fille », l’approche a été plus difficile pour elle. En effet, les évènements intervenus en 1958 ont longtemps hanté l’autrice. Il lui a donc fallu du temps et attendre un âge avancé pour enfin s’y attaquer.

Longtemps, pour se préserver, elle avait rejeté ce passé dans les limbes de l’oubli. Elle a décidé de se décharger de ce poids. Pour se faire, elle s’est mise en retrait en observant la jeune fille qu’elle était, comme une personne étrangère. Ce mode de narration lui permet d’être objective et surtout de ne pas tenir compte de ses sentiments. Elle s’en tient uniquement aux faits. Elle peut ainsi regarder les évènements de l’époque avec ses yeux d’aujourd’hui. Ce qui lui paraissait honteux et inavouable, peut enfin être porté au grand jour. Lire la suite