Court résumé: Veuf et retraité, Ray Mathis vit seul dans sa ferme des Appalaches, dans une région frappée par la drogue, la misère sociale et les incendies ravageurs. Le jour où un dealer menace la vie de son fils, Ray se dit qu’il est temps de se lever…

Mon avis:

Je remercie les éditions Sonatine pour cette lecture!

David Joy nous convie une nouvelle fois à l’endroit où il vit, dans les Appalaches. Comme il le dit lui-même, on parle d’autant mieux de ce que l’on connaît. De plus, ce lieu est vraiment propice aux romans noirs ruraux. Il est isolé du reste du monde et ravagé par la pauvreté. Ses conditions de vie sont un terreau plutôt favorable aux drames en tous genres.

L’auteur s’intéresse à ces gens seuls face à leur sort, qui doivent gérer leur misère. Pour ce nouvel opus, il met en lumière les conséquences dramatiques de la consommation excessive d’opioïdes dans le pays et particulièrement dans cette région.

Sur fond d’incendies qui ravagent les environs, on suit des personnages qui sont tous plus ou moins en lien avec le trafic de ces substances. Ce phénomène est omniprésent dans le quotidien des habitants et engendre des situations tragiques qui bouleversent leurs vies. Devant la déliquescence des hommes drogués et leurs actes incontrôlés, certaines personnes veulent faire leur propre justice. Ils se sentent tellement reclus qu’ils ne comptent pas sur les autorités compétentes pour régler leurs conflits. Chacun protège son foyer avec ses moyens.

Longtemps considéré comme le disciple de son mentor Ron Rash, David Joy peut maintenant revendiquer son statut de maître du noir. Son œuvre centrée sur la nature et l’Homme est un miroir réaliste de certaines existences marginales. Sa plume somptueuse apporte un supplément d’âme et est un écrin sur mesure pour ces aventures. Tous ces livres, et celui-ci ne fait pas exception, dégagent une sincérité qui accentue la puissance du propos et rendent les histoires aussi crédibles que captivantes. Avec beaucoup d’humanité mais aussi avec un pragmatisme morose, l’auteur s’applique à dépeindre la dureté d’un monde à part et les errances de ces êtres sans repères. Et on en redemande !

Sonatine, 345 pages

Paru le 20 janvier 2022, 21€

"

  1. laplumedelulu dit :

    Superbe chronique. Merci à toi. 🙏😘

    Aimé par 1 personne

  2. Alex Mot À Mots dit :

    Un pragmatisme morose ? Je suis curieuse….

    Aimé par 1 personne

  3. […] Ils/ elles en parlent aussi : La culture dans tous ses états. The cannibal lecteur. Imaginoire. Nyctalopes. Les livres de K79 […]

    Aimé par 1 personne

  4. Dans ma PAL, il faut que je l’on sorte vite si je comprends bien, hein ? 😉

    Aimé par 1 personne

Répondre à laplumedelulu Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s