Court résumé: Une enquête à tiroirs qui débute en 2011 par le meurtre d’une jeune Comorienne. Tout, du petit ami toxicomane au juge d’instruction inquiété par la justice, en passant par les enquêteurs aux pratiques sulfureuses, donne à l’affaire un relief singulier au cœur de Mayotte…

Mon avis:

Je remercie les éditions Presses de la Cité pour cette lecture!

La tragédie de la petite Roukia n’a pas vraiment d’intérêt en elle-même. Cette mort est bien sûr tragique mais est la conséquence d’un simple accident. Le coupable est connu et a avoué les faits. Par contre, la gestion catastrophique du drame va entrainer des dommages collatéraux importants et rendre cette enquête extraordinaire.

De manière journalistique et grâce à un gros travail de fond, Nicolas Goinard décortique les évènements presque chronologiquement. On découvre les intervenants, leurs rôles et toutes leurs décisions, tout au long de la procédure qui a duré des années. Alors que le crime ne semblait concerner que des individus quelconques suite à une prise d’héroïne, il entraîne des gendarmes et des policiers dans une suspicion de trafic de drogue. A l’origine, un juge bouillonnant et plutôt obstiné a décidé de mettre un coup de pied dans la fourmilière.

La justice repose sur des arbitrages d’hommes et est donc dépendante de leur neutralité. Avec ce condensé de l’instruction, on prend conscience de la fragilité du système. Il a suffi qu’un des acteurs fasse du zèle pour que les répercussions prennent une ampleur désastreuse. Toute la mécanique a déraillé. Dans un pays laissé petit à petit l’abandon par la France, qui connaît une vague de délinquance grandissante, la crédibilité des différents acteurs judiciaires ne gagne pas des points dans l’opinion publique. Toute cette comédie devient donc une étincelle capable de mettre le feu aux poudres.

Je n’avais jamais entendu parler de cette histoire criminelle. Cette nouvelle collection « Avez-vous une intime conviction ? » me permet à chaque fois de découvrir des affaires qui ont marqué la justice de notre pays. Après m’être régalé avec le premier volume sur l’affaire Ranucci, je suis maintenant convaincu par cette idée éditoriale. Je serai à l’affût des prochains épisodes parce que la vraie vie est souvent plus tordue et surprenante que la fiction.

Les Presses de la cité, 216 pages

Paru le 31 mars 2022, 18€

Une réponse "

  1. alexmotmots dit :

    Je te rejoins sur la conclusion. je note cette série.

    Aimé par 2 personnes

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