Court résumé:

«  Tu dois être la jeune femme la plus heureuse du monde.  » Ce sont les mots de Marie-Ange, dans son bureau d’aide aux réfugiés, lorsqu’elle tend à Layla sa convocation pour être naturalisée. Mais que signifie cette affirmation quand on a laissé là-bas tous les siens, qu’on vit dans un hôtel insalubre et que son job consiste à nettoyer les toilettes d’un café ?

Mon avis:

Je remercie les éditions Allary et lecteurs.com pour cette lecture!

« La dédicace », le premier roman de Leïla Bouherrafa avait été une des belles découvertes de la sélection du Prix Orange du Livre 2019 dont j’avais fait partie du jury. Ce texte décalé et drôle m’avait enthousiasmé et j’avais gardé un bon souvenir de ma lecture.

Dans son deuxième ouvrage, elle a conservé son style, mélange de tragédie et d’humour noir. Cela lui permet de dépeindre la vie tumultueuse des personnes en marge de la société, sans forcer la dramaturgie. Cette fois-ci, elle s’attache aux destins de réfugiés et à la manière dont ils sont traités par notre système. On suit Layla dans sa quête de naturalisation. Alors qu’elle se rapproche de son but, elle nous donne une idée de son quotidien. Entre son foyer où elle vie, le café où elle travaille et les rues où elle déambule, elle croise des personnages truculents qui nous entraînent dans des scènes loufoques.

L’autrice met en scène ces moments de vie débordants d’humanité. On sent qu’elle s’intéresse aux gens et qu’elle veut aider ceux qui sont mis sur le côté. Chaque être humain, même oubliés, a une valeur à ses yeux. Malheureusement, je trouve que le texte part dans tous les sens et qu’il n’a pas vraiment de direction, à part celle de dénoncer. Il est unilatéral dans ses propos et manque souvent de partialité. Sur la longueur, la satire m’a un peu agacé.

Vous aurez compris que je suis moins convaincu par « Tu mérites un pays » que par le précédent livre de Leïla Bouherrafa. Mais ce petit bémol (juste un ressenti personnel) n’enlève rien au plaisir de lecture que procure sa plume agréable et son ton toujours insolent. Elle aime les gens, elle veut leur rendre leur dignité et c’est aujourd’hui assez rare pour ne pas le mettre en avant !

Allary, 297 pages

Paru le 18 août 2022, 18.90€

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  1. Céline dit :

    Je ne connais pas du tout cette autrice mais je suis plus attirée par le résumé de « La dédicace » 😉

    Aimé par 1 personne

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