Guillaume Jan – Traîne Savane

Voyages voyages

Ma lecture actuelle

Court résumé: 150 ans après David Livingstone, Guillaume Jan se lance dans un périple dans la jungle du Congo.

Mon avis: D’ordinaire, je ne ressors jamais enthousiasmé d’un roman de voyage. L’idée première de découvrir de nouvelles contrées me plaît. Seulement la forme avec laquelle elle est présentée me pose en général problème. De longues pages de description mêlées à des péripéties souvent banales, font souvent de ces histoires des expériences soporifiques qui ne régalent que celui qui l’a vécue.

Guillaume Jan évite ce piège en partageant son récit son expérience personnelle à celle d’un grand découvreur : David Livingston. Successivement, il raconte les deux aventures qui sont distantes d’un siècle et demi. J’ai donc pu découvrir le paysage, les coutumes mais aussi l’histoire du Congo. J’ai pu comprendre les relations plutôt malsaines de l’Europe avec ce pays. Mais j’ai surtout été transporté dans un milieu sauvage, hostile à l’homme où les mentalités et le niveau de vie sont en décalage complet avec ce que l’on peut connaitre dans nos pays civilisés. Grâce à ce roman, j’ai pu observer ce pays lointain avec des yeux d’européens et me rendre compte à la fois de tous les ravages commis sur cette terre mais aussi de toutes les merveilles dont elle regorge.

Avec sa partie historique débordante d’informations instructives et sa partie aventureuse presque improvisée et pleine d’humour, Guillaume Jan m’a séduit. Je n’ai pas lâché ce livre dépaysant jusqu’à la dernière page. J’ai senti que l’auteur était comme son prédécesseur, amoureux de l’Afrique et il a su me communiquer à travers sa plume, tout son émerveillement et sa passion.

Je ne suis toujours pas fan de ce genre littéraire mais « Traîne Savane » est un des meilleurs bouquins de voyage que j’ai pu lire.

Le livre de poche 325 pages

15/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

Hoai Huong Nguyen – L’ombre douce

Romantisme simple

 L'ombre douce

Court résumé: 1954, Mai soigne les blessés dans un hôpital militaire de Hanoi. Elle rencontre alors un jeune soldat breton.

Mon avis: Hoai Huong Nguyen veut nous dépeindre les sentiments humains mis à l’épreuve de la guerre. Pour ce faire, elle nous propose un très court roman qui remplit parfaitement son contrat. Il nous parle des moments tragiques et des violences du conflit avec une grande poésie. Enveloppé dans une belle langue romantique, le récit n’en reste pas moins percutant. Malgré le drame omniprésent, l’amour paraît plus fort que tout. A moins que le destin soit déjà écrit et que l’issue soit inévitable…

J’ai beaucoup aimé ce petit roman qui possède une véritable âme et m’a fait vivre le temps de quelques heures, la tragédie humaine dans toutes ses contradictions. On y découvre dans le même temps l’amour irrationnel et la cruauté sans bornes. Je suis passé tour à tour par toutes les émotions.

Hoai Huong Nguyen réalise un joli premier coup d’essai qui en appelle d’autres. J’espère qu’elle pensera à étoffer en nombre de pages ces futures œuvres car la beauté de son écriture mériterait une histoire plus approfondie. Ça lui permettrait de marquer encore plus les esprits.

Le livre de poche 183 pages

16/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

Jan-Philipp Sendker – L’art d’écouter les battements du coeur

L’art de me surprendre

L'art d'écouter les battements

Court résumé: Julia, avocate de New York, va se rendre en Birmanie pour chercher des informations sur son père disparu. Elle va alors découvrir une histoire exceptionnelle.

Mon avis: Encore un roman que je n’aurais pas choisi par moi-même ! Le titre et la couverture « Feel good » ne m’aurait pas du tout attiré voire rebuté. Débordant de préjugés, je suis donc entré avec une certaine retenue dans la lecture. Au premier abord, le style m’a beaucoup plu, mais le récit prenait bien l’orientation mystique que j’imaginais. Les protagonistes qui inspirent la compassion, un environnement empreint de spiritualité, tout semblait réuni pour valider mes craintes.

Puis, au fil des pages, un peu comme un enchantement, j’ai été emporté par l’histoire d’amour de ces deux êtres hors du commun. Je suis tombé en admiration devant ces personnages atypiques qui sont débordants de bonté, de pudeur, sans une once de malhonnêteté. Dans un monde où la différence est montrée du doigt, leurs handicaps physiques bouleversent les situations et transcendent les sentiments. De par leur fragilité apparente, les émotions semblent alors décuplées et m’ont littéralement pris au cœur.

Sans faire de misérabilisme, Jan-Philipp Sendker nous expose à un grand moment de romantisme contrarié par le difficile tourbillon de la vie. Quand le destin s’en mêle, ça rend les histoires plus tragiques et l’amour encore plus puissant. Je n’apprécie généralement les romances que lorsqu’elles sont dures et poignantes et j’ai été servi.

Participer à un jury de lecteurs m’aura permis de faire des découvertes dont « L’art d’écouter les battements… » est une des plus touchantes.

Le livre de poche 332 pages

17/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

Bo Baker – Une saison à Longbourn

En parallèle

Ma lecture en cours

Court résumé: La famille Bennet vit sur le domaine de Longbourn. Leurs cinq filles recherchent des hommes à marier. Mais à l’étage inférieur, les domestiques ont eux aussi leurs propres vies et leurs propres destins.

Mon avis: Ce roman se déroule en parallèle de l’histoire de « Orgueil et préjugés » de Jane Austen. Depuis longtemps, je souhaite lire ce grand classique mais je n’ai jamais pris le temps. Pour le compte du prix des lecteurs du Livre de poche, je me suis retrouvé à lire « Une saison à Longbourn » sans avoir lu l’original. Mon avis est donc celui d’un non initié.

Ne connaissant ni les personnages, ni le déroulé des événements, j’ai parfois été un peu perdu avec tous les noms et j’ai sûrement manqué beaucoup d’allusions. Mais globalement je n’ai pas été handicapé dans ma lecture par ces lacunes, tant l’aventure principale apparaît juste en pointillés.
L’écriture de Bo Baker est d’un très bon niveau et l’atmosphère des domestiques de cette époque a parfaitement été retranscrite. J’ai suivi avec tendresse le destin de ces employés de maison. De l’autre côté des portes de cette demeure bourgeoise, j’ai découvert une micro société qui dégage les mêmes sentiments et les mêmes passions. Les conditions de vie de ces hommes et de ces femmes sont juste beaucoup plus rudes, ce qui rend leurs émotions d’une sincérité souvent touchante. Dans la misère, il n’y a pas la place aux faux semblants.

Je ne suis pas un grand adepte des romances, mais celle-ci m’a plu car elle est teintée de pauvreté et d’innocence. Les personnages sont attachants et surtout d’une honnêteté plutôt rare.

En débutant cette version dérivée, j’avais le crainte d’en apprendre trop sur la version principale. Bo Baker a réussi à me raconter une histoire qui se situe dans la maison de « Orgueil et préjugés » sans me dévoiler de véritables éléments de ce livre. Il me reste de cette romance un bon moment dans les fourneaux et les écuries, où l’amour a aussi sa place.

Le livre de poche 452 pages

15/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

Javier Moro – L'empereur aux mille conquêtes

Un pan de l’histoire

L'empereur aux mille conquetes

Petit résumé: Pedro est l’héritier de la dynastie des Bragances, fils du roi du Portugal. Alors que son père retourne s’occuper du Portugal, Pedro va devoir prendre en main le destin du Brésil.

Mon avis: Javier Moro m’a fait voyager dans le temps et dans l’espace. J’ai découvert grâce à lui une bribe de l’histoire que je ne connaissais pas, sur un pays qui m’était totalement étranger. Loin de chez moi et de mon époque, j’ai vécu un vrai dépaysement et j’ai appris beaucoup de choses. Il est vrai que la vie de Pedro est pour le moins romanesque. J’ai été très vite intéressé par ce personnage, plein de caractère et d’ambition. J’ai suivi avec passion son apprentissage des responsabilités et sa découverte de la politique.

On découvre aussi tous ses vices dont le principal est la gent féminine. Sa passion pour le sexe opposé est parfois un obstacle à son objectivité donc à ses prises de décisions, mais elle s’avère jouer un rôle important dans son ascension. « Derrière chaque grand homme se cache une grande femme ». Pedro apparaît comme un exemple flagrant qui vérifie cette phrase. Sans le soutien, la compréhension et la dévotion des différentes femmes de sa vie, il n’aurait sûrement pas eu le même destin glorieux.

Littérairement c’est très agréable à lire et historiquement c’est extrêmement enrichissant. Se basant sur ses recherches et sur les correspondances entre les différents protagonistes, Javier Moro nous propose un roman passionnant sur les origines du Brésil indépendant. Un manque de profondeur des personnages est peut-être à regretter, mais ce n’est pas l’objectif de ce genre de livre. L’Histoire se suffit à elle-même, et « L’empereur aux mille conquêtes » en est la parfaite illustration.

Points 725 pages

17/20

Ce roman fait partie de la sélection du meilleur roman 2015 des éditions Points

Mercedes Helnwein – La ballade d'Hester Day

Road trip décevant

La balade d'Hester Day

Court résumé: Hester ne veut pas aller à son bal de promo. Elle rencontre un poète. Il va l’épouser pour nourrir son inspiration. Ils vont partir en camping-car sur les routes, accompagnés du petit cousin d’Hester.

Mon avis: En lisant le résumé de ce livre, je me réjouissais à l’idée de partir sur les routes des Etats Unis dans un road trip décalé. Le concept de créer des personnages marginaux, avec des pensées farfelues plein la tête et de les réunir pour affronter le monde trop calibré, était une bonne amorce. Mais si Mercedes Helnwein a excellé en imaginant ses protagonistes, elle a bâclé leur aventure.

D’entrée, j’ai accroché sur la rencontre des différents acteurs qui est assez loufoque, ça m’a intrigué et j’ai donc continué avec optimisme. Mais assez rapidement le scénario ne bouge plus. Ce manque d’animation a pour effet que les personnalités et les scènes caricaturales, bonnes idées du départ, deviennent très vite lassantes et de moins en moins crédibles. J’ai tout de même persévéré jusqu’au bout mais je n’ai plus trouvé la moindre source de satisfaction.

Outre le début prometteur, je suis donc passé totalement à côté de cette expérience. J’ai eu l’impression que l’auteure avait voulu être tellement originale qu’elle en avait oublié l’essentiel : une bonne histoire. C’est finalement un road trip sans suspense, sans passion, sans message et même sans but. Seuls les personnages atypiques ont un semblant d’intérêt mais ils pâtissent du manque de profondeur et de mouvement de l’histoire à laquelle ils participent.
La plume de Mercedes Helnwein est agréable et les dialogues sont parfois croustillants. Néanmoins ce n’est pas suffisant pour sortir ce roman insipide de l’oubli où il est déjà tombé.

Le livre de poche 324 pages

11/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015