Maxime Chattam – Autre-Monde 1: L’alliance des trois

Plus de mon âge…

Ma lecture actuelle

Court résumé: Après une grande tempête de vent qui s’est abattue sur la ville, le monde est devenu sombre, terrifiant et les adultes ont disparu. Matt et Tobias, deux jeunes garçons, vont se retrouver seuls et vont devoir s’organiser pour survivre dans ce nouveau monde.

Mon avis: Appréciant énormément les thrillers de Maxime Chattam, je voulais tenter l’expérience fantastique, l’autre univers favori de cet auteur. A la fermeture de ce livre, j’arrive à la conclusion suivante: ce n’est pas ou plus de mon âge!

Le monde imaginé par Maxime Chattam est très inventif, les décors sont très cinématographiques, l’aventure est prenante mais les personnages n’ont aucune consistance. L’histoire se lit très bien, l’écriture est très accessible, ce qui permet de tourner les pages facilement et de se laisser conter sans résistance les péripéties de ces trois jeunes aux prises avec le mal. Mais les tribulations de ces enfants dans un monde d’enfant, avec des gentils enfants et des méchants adultes, ça ne doit passionner que les enfants! Je ne me suis donc pas du tout attaché aux personnages et suis resté insensible à leur avenir et aux différents dangers qui les guettent. Ce roman n’est donc qu’une succession d’incidents surnaturels sans véritable but et surtout sans sentiment.

En résumé, je pense que l’existence de « Harry Potter », du « Seigneur des anneaux » ou de « La tour sombre » éclipse totalement cette petite aventure, peut être trop inspirée de ces prédecesseurs et qui n’en devient qu’une pâle copie.
Je resterai un fidèle lecteur de Mr Chattam mais seulement pour les thrillers!

Albin Michel 483 pages

13/20

Franck Thilliez – Vertige

Vertige de l’esprit

Ma lecture actuelle

Court résumé: Jonathan Touvier se réveille au fond d’un gouffre, sans en connaître les raisons. Il se retrouve avec deux individus et un chien. Lui est enchainé au poignet, un autre à la cheville et le troisième porte un casque qui explosera s’il s’éloigne des autres…

Mon avis: Le huis clos créé par Franck thilliez fonctionne de part l’originalité du lieu où se déroulent les évènements. Le gouffre, sorte de piège naturel, apporte ses contraintes (le froid, l’humidité et le noir) et devient l’ennemi principal de ces prisonniers d’un jeu diabolique. Les raisons inconnues de leur enfermement et les réactions humaines engendrées par cette micro société, apportent aussi leur grain de sable dans cet univers hostile.

L’ambiance étouffante, la tension croissante et les scènes chocs sont les maîtres mots de cette aventure, qui m’a stressé de bout en bout. De fausses pistes en indices flagrants, l’auteur m’a balancé pour mieux me tenir jusqu’à la fin. Cette fin, qui m’a paru tout d’abord anodine mais qui est devenue totalement destabilisante, lorsque j’ai constaté que la photo était différente (les initiés comprendront…).
Le véritable défaut de ce roman, qui atténue mon enthousiasme, est qu’il repose sur des idées scénaristiques déjà développées dans d’autres livres ou films comme « Saw » ou « Shutter Island », et que constamment mon esprit s’est égaré dans ces directions qui m’ont un peu gâché la fête.

Mais dans l’efficacité et le suspense, « Vertige » reste un bon Thilliez!

Fleuve Noir 331 pages 

16/20

Yasmina Khadra – L’attentat

Bombe étouffée

L'attentat

Court résumé: Cela fait une journée que le docteur Amine, arabe israélien, reçoit et opère les victimes d’un attentat qui a eu lieu un peu plus tôt. Dans un restaurant, une femme s’est fait exploser avec une bombe cachée sous sa robe de grossesse.

Mon avis: Depuis longtemps, je souhaitais découvrir l’oeuvre de Yasmina Khadra. Pour ce faire mon choix s’est donc posé sur son roman le plus emblématique: « L’attentat ».

La première scène du livre est d’une grande intensité et d’une grande qualité littéraire et m’a tout de suite accroché. Après l’annonce du fait principal, le roman part dans une quête de vérité qui m’a un peu déçu par sa frivolité. En effet le choc de la cruauté de la réalité n’est pas assez marqué et le chagrin du narrateur ne m’a pas paru assez violent par rapport à l’ampleur du drame. Yasmina Khadra nous raconte le parcours chaotique de la recherche de réponses de cet homme « trompé », à travers des régions inhospitalières, mais je n’ai ressenti que rarement de l’empathie pour ce personnage empêtré dans des circonstances pourtant tragiques.

Je pense que ce livre est juste et fort mais il pêche par manque de profondeur, ce qui aurait peut-être mérité des dizaines voire une centaine de pages supplémentaires pour étoffer les conséquences psychologiques de l’attentat. Toutes les scènes ne sont pas véritablement inoubliables, cependant la force du sujet et les réflexions qu’il entraîne, permettent de trouver une légitimité et une utilité à ce roman.

Même s’il est un peu moralisateur, c’est dans ses méditations parallèles au récit que Yasmina Khadra m’a le plus emballé, et m’a donné l’envie de tenter un autre de ses engagements littéraires.

Julliard 268 pages

15/20

Emily Brontë – Les Hauts de Hurle-vent

Extrémisme sentimental

Les hauts de Hurlevent

Court résumé: Une famille vivait heureuse sur les hauts de Hurlevent, terres balayées par les vents du Nord. Mais l’arrivée d’un jeune bohémien Heathcliff, ramené et adopté par Mr Earnshaw, le chef de famille, va déclencher une succession d’évènements sous le poids des sentiments.

Mon avis: Faisant partie des romans préférés de la gent féminine, je m’attendais à une histoire sentimentale arrosée à l’eau de rose. Telle ne fut pas ma surprise lorsque j’entrais dans dans ce roman! Je me suis d’ailleurs posé très rapidement la question que tout le monde s’est posée: « Comment un fille de bonne famille, aussi jeune et n’ayant que peu d’expérience de la vie du 19ème siècle, a pu sortir de son imagination un récit aussi noir et puissant? ».

Portée par une belle écriture et des dialogues forts, elle nous permet d’observer avec un œil extérieur, tous les dérapages de la nature humaine et de ses sentiments. L’amour, la vengeance, la jalousie et la bêtise sont les ingrédients utilisés pour nous dépeindre cette fresque familiale. Avec pour détonateur l’incroyablement cruel Heathcliff, les évènements plus mortels les uns que les autres, se succèdent dans le temps, au delà des générations.
Emily Brontë utilise cette histoire pour dénoncer les ravages de l’extrémisme sentimental. Quand l’amour est trop fort, quand la vengeance n’a plus de limites, quand l’isolement est trop intense…on obtient « Les Hauts de Hurlevent »: des personnages torturés, des actes foncièrement méchants, de l’acharnement interminable, des décisions stupides et finalement des drames à profusion.

Toute cette atmosphère étouffante et cette noirceur intérieure permettront à cette œuvre de laisser une trace indélébile dans mon esprit…une boule dans le ventre!

Le livre de poche 447 pages

18/20

Céline Minard – Faillir être flingué

Sans énergie…

Faillir etre flingue

Court résumé: Au milieu des prairies du Far West, des personnages aux origines diverses vont se croiser, s’éviter et se rencontrer.

Mon avis: Encensé par la critique professionnelle mais avec un avis plutôt mitigé pour les lecteurs, je devais donc lire « Faillir être flingué » pour me faire ma propre opinion.

Céline Minard nous installe dès les premières lignes dans une époque et des lieux non définis, mais qui ressemblent fortement au western, tels qu’on l’imagine. On est transporté grâce à une écriture soignée, dans les grandes plaines désertiques du Far West, où interagit un  éventail d’individus d’origines et d’horizons différents.

Au début du livre, j’ai été un peu perdu car Céline Minard introduit un grand nombre de personnages et passe de l’un à l’autre sans vraiment les définir. Au fil du récit, j’ai réussi à rétablir le fil conducteur, à remettre bon an mal an les choses dans l’ordre et c’est là qu’est venue ma plus grande déception. L’univers du western est bien présent, l’ambiance est parfaitement adaptée mais l’histoire n’a vraiment que peu d’intérêt. C’est une succession de petites séquences avec des personnes variées et peu approfondies donc au final insipides. On s’ennuie donc progressivement même si les dernières pages apportent un peu de d’entrain aux évènements.

Céline Minard a peint un très beau tableau de paysage, mais a oublié le mouvement de ses personnages, ce qui offre un résultat assez mitigé si on le compare aux souvenirs de films de cowboys où les fusillades et les poursuites battaient leur plein.

Rivages 326 pages

13/20

Dennis Lehane – Ténèbres, prenez-moi la main

Lehane!

Ténèbres prenez moi la main

Court résumé: Angela Gennaro et Patrick Kenzie, couple particulier de détectives vont être engagés par une psychiatre, qui a d’abord reçu des menaces téléphoniques, puis une photo de son fils. Les différentes pistes vont mener à un serial killer qui paraît lié au passé des deux enquêteurs.

Mon avis: Un polar/thriller que je considère comme réussi passe, soit par un scénario bien conçu, soit par des scènes d’actions ou de rebondissements efficaces, soit par un univers ou des personnages marquants. Dennis Lehane se permet de mettre tous ces ingrédients dans tous ses livres.

Il crée une histoire à suspense, des séquences frappantes avec des personnages travaillés, le tout dans une atmosphère urbaine unique. Dans ce deuxième épisode des aventures de Angela Gennaro et Patrick Kenzie, il nous entraîne une nouvelle fois dans sa ville, Boston, avec ses propres règles et fait évoluer ses personnages toujours sur la brèche dans une enquête noire et violente. Ses détectives ne sont pas des héros, ils ont leurs failles et leur tendre relation ambiguë m’a permis de m’attacher à eux et d’avoir envie de les suivre sur les traces du crime.

Le monde selon Lehane n’est pas de toute gaieté, mais il porte une résonance à notre réalité qui nous accroche jusqu’à la fin. Le scénario de cet opus m’a paru plus maîtrisé et plus palpitant que le premier, et Dennis Lehane excelle encore une fois dans le sens du récit et la mise en scène.

Rivages/noir (poche) 489 pages

17/20