(#687) Sorj Chalandon – Enfant de salaud

Court résumé:

Depuis l’enfance, une question torture le narrateur : Qu’as-tu fait sous l’occupation ? Mais il n’a jamais osé la poser à son père…

Mon avis:

Je remercie les éditions Grasset pour cette lecture!

Sorj Chalandon fait partie des écrivains qui m’ont le plus touché durant ces dernières années. A chaque nouveau roman, il déclenche une vague d’émotions qui laisse des traces dans mon esprit pendant plusieurs jours.

Pour ce nouvel opus, il revient sur le gros dossier de son père déjà abordé dans le magnifique « Profession du père ». Il s’attarde cette fois-ci sur une de ses autres parts d’ombre. Lors de ses recherches, il comprend rapidement s’être fourvoyer sur son rôle pendant la guerre. Toutes les histoires racontées par son géniteur s’avèrent être fausses ou déformées. Son destin guerrier devient de ce fait beaucoup moins glorieux.

Lire la suite

(#686) Marie Battinger – Ainsi se brise la ligne

Court résumé: Emma se réveille à l’hôpital après un accident de voiture. Elle est indemne mais a oublié les 5 dernières années de sa vie, et sa sœur aînée, Flora doit mettre un terme à sa carrière de danseuse à l’opéra. Il apparaît qu’Emma pourrait avoir provoqué l’accident…

Mon avis:

Je remercie les éditions Les Nouveaux Auteurs pour cette lecture!

Marie Battinger est une jeune écrivaine dont le premier roman avait fait forte impression. Je dois reconnaître que j’étais passé à côté à l’époque. J’ai donc pris l’arrivée de son second opus comme une opportunité de me faire une opinion.

L’histoire nous est racontée à la première personne. On est dans la tête d’Emma qui a perdu la mémoire. Dans les mêmes dispositions qu’elle, à chaque nouvelle information, on assiste au délitement de sa vie. Au fil de l’enquête, les révélations se succèdent en sa défaveur. Elle subit le comportement méprisant de certains membres de sa famille. Elle se sent complètement lâchée par ses proches et n’en comprend pas la raison. Dans ce flou, la tension monte au fur et à mesure que la vérité se dévoile.

Lire la suite

(#685) Ian Manook – L’oiseau bleu d’Erzeroum

Court résumé: 1915, Araxie, dix ans, et sa petite sœur Haïganouch, six ans, échappent par miracle au massacre des Arméniens par les Turcs. Déportées vers le grand désert de Deir-ez-Zor et condamnées à une mort inéluctable, les deux fillettes sont épargnées grâce à un médecin qui les achète comme esclaves, les privant de leur liberté mais leur laissant la vie sauve…

Mon avis:

Je remercie les éditions Albin Michel pour cette lecture!

Depuis 2013, Ian Manook occupe régulièrement les rayons polars et thrillers de nos librairies, dans lesquels il s’est fait un nom. Mais cette fois-ci, il revient avec un roman beaucoup plus intime. Il nous raconte l’histoire de son pays d’origine à travers les destins croisés de personnages de l’époque.

Il débute son récit en 1915, au moment du génocide des Arméniens. Alternant entre plusieurs protagonistes de camps différents, de classes sociales différentes et de responsabilités différentes, il nous dresse le tableau des évènements. On découvre le drame sous toutes ses facettes et on le vit de l’intérieur.

Dans ces conditions de vie désastreuses, les personnages principaux apparaissent comme des lumières dans la nuit. Leurs caractères bien trempés, leur humanité débordante et leur solidarité à toutes épreuves, les rendent particulièrement attachants. On se passionne pour leurs aventures. On vit avec eux les épreuves qu’ils subissent. On éclipse un peu les exécutions, les lapidations, les déportations, la famine afin de mettre nos espoirs dans les exploits de ces héros et héroïnes.

Lire la suite

(#684) Agatha Christie – Ils étaient dix

Court résumé: Ils sont dix, tous différents et ne se connaissent pas. Il ont pourtant tous reçu la même invitation: des vacances d’été sur l’île du soldat…

Mon avis:

Je viens vers vous en toute humilité. En suivant mon blog, vous savez que j’apprécie énormément les polars et que j’essaye d’être en phase avec l’actualité de ce genre. Seulement voilà, je dois l’avouer : je n’avais jamais lu « Les dix petits nègres » !!! Ma carence en classiques apparait une nouvelle fois au grand jour. Mais rassurez-vous, celle-ci est dorénavant combler.

Agatha Christie est considérée comme « La reine crime » pour sa capacité à créer des énigmes policières complexes et surprenantes. Pour ce faire, elle ne perd pas son énergie à approfondir ses personnages et se concentre uniquement sur l’efficacité. Les scènes se succèdent sur un rythme élevé et la narration maitrisée fait le reste.

Lire la suite

(#683) RJ Ellory – Le carnaval des ombres

Court résumé: Un cirque ambulant, avec son lot de freaks, d’attractions et de bizarreries, vient de planter son chapiteau dans la petite ville de Seneca Falls, au Kansas. Mais l’atmosphère magique est troublée par une découverte macabre : sous le carrousel gît le corps d’un inconnu…

Mon avis:

Je remercie Netgalley et les éditions Sonatine pour cette lecture.

Depuis plusieurs années, je ne manque aucun livre de RJ Ellory. Chaque fois, il arrive à se recycler et à nous proposer une histoire complètement différente des autres. Même si elles ne sont pas toutes des chefs d’œuvre, elles ne me laissent jamais insensible.

Pour cette nouvelle aventure, l’auteur se propose de mélanger les genres. Il commence tel un polar classique, avec une enquête d’apparence ordinaire qui donne du fil à retordre à l’agent spécial. Ensuite il passe par un genre presque fantastique (dans le style de Stephen King), où la lucidité du héros est mise à rude épreuve. Pour finir le récit s’engage dans une énorme affaire qui dépasse les compétences de chacun. Le mélange de policier, roman noir, magie et complotisme s’emboite parfaitement. L’auteur nous manipule durant toute la lecture et l’on passe par tous les sentiments. Envoûté, on ne lâche pas cette aventure qui nous tient en haleine dans sa nébulosité.

Lire la suite

(#682) Jean-Baptiste Del Amo – Le fils de l’homme

Court résumé: Après plusieurs années d’absence, un homme resurgit dans la vie de sa compagne et de leur jeune fils…

Mon avis:

Je remercie les éditions Gallimard et Babelio pour cette lecture!

Il y a quelques années, ma lecture de « Règne animal » avait été une expérience inoubliable. D’une histoire sur un élevage de porcs, Jean-Baptiste Del Amo avait réussi à modeler un texte d’une puissance incroyable, qui mettait en éveil tous les sens. J’étais donc particulièrement enthousiaste à l’arrivée de ce nouvel opus.

Cette fois-ci, on entre dans l’intimité d’une famille dont les membres ne sont jamais nommés. Ils sont le père, la mère, l’enfant. Se retrouvant seuls, la mère et le fils ont pris leurs habitudes et se sont créés une routine. Mais le retour inattendu du père rebat les cartes et bouleverse ce quotidien. Celui-ci reprend sa position dominante comme si de rien n’était et essaye de rattraper un passé perdu. Ce changement remet alors en cause la relation qu’avait l’enfant avec ses parents. Poussé dans ses retranchements, le lien qui unit ses personnages est brouillé. Le fils se retrouve au centre de la tragédie parentale et devient un témoin de cette lutte angoissante.

Lire la suite