(#410) Guy Boley – Quand Dieu boxait en amateur

Parler du père

Court résumé: Le narrateur nous parle de son père. Celui-ci a été boxeur, forgeron puis acteur aux côtés d’un abbé, son ami de toujours…

Mon avis:

Merci aux éditions Grasset pour cette lecture!

Il y a deux ans, j’avais eu du mal à trouver les mots (et le talent) pour pouvoir décrire les émotions que m’avait procurées le premier roman de Guy Boley « Fils du feu ». Ça avait été une flamboyante expérience dont je garde un très bon souvenir de lecture.

Alors qu’il s’intéressait la dernière fois à un enfant des forges, il se propose dans « Quand Dieu boxait en amateur » de nous parler de son père. Il nous raconte sa jeunesse dans la campagne profonde. On va suivre toutes les choses qui ont fait de lui un homme et un père à part entière. De son éducation particulière, bercée par les convictions de l’époque, à sa grande amitié, capable de combattre les différences, en passant par ses passions sportives et artistiques, l’auteur développe toute l’admiration qu’il porte à cette figure paternelle. Lire la suite

(#409) David Joy – Le poids du monde

Coup de cœur rural

Court résumé: Après avoir connu les champs de guerre, Thad rentre dans son village d’origine. Il y retrouve sa mère et surtout son meilleur ami Aiden. Avec celui-ci, il va reprendre ses vieilles habitudes dans le milieu de la drogue…

Mon avis:

Merci aux éditions Sonatine pour cette lecture!

J’étais passé à côté du premier roman de David Joy. Celui avait été couvert d’éloges. Dès de la sortie de ce nouvel opus, j’ai donc décidé de m’attarder sur son cas.

La région des Appalaches est le décor de cette aventure. On fait la connaissance de Thad et Aiden, des jeunes hommes du cru. Ils vivent chichement dans cet environnement plutôt austère. Ils portent tous deux des passés assez lourds et traumatisants. La misère est omniprésente dans cette histoire. Elle entraîne les protagonistes sur les routes de la débrouille et de l’embrouille. Constamment drogués, ils agissent toujours sur un fil et à la limite de la catastrophe. Lire la suite

(#408) Christian Carayon – Torrents

Meurtres en famille

Court résumé: 1984: Les morceaux de cadavres sont retrouvés dans une rivière. Parmi les deux corps, on identifie celui de la copine de François disparue depuis quelques années. La sœur de François accuse leur père des meurtres…

Mon avis:

Merci aux éditions Fleuve pour cette lecture!

Je n’avais quasiment jamais entendu parler de Christian Carayon. Au moment de la sortie de son roman précédent, j’avais juste vu passer sa couverture assez attirante et je m’étais dit que je devrais m’intéresser à cet auteur. Voilà qui est fait et c’est une bonne surprise ! Lire la suite

(#407) Amélie Cordonnier – Trancher

Violence et pardon

Court résumé: Tu croyais qu’Aurélien avait guéri, mais voilà que ça recommence…

Mon avis:

Merci aux éditions Flammarion pour cette lecture!

« Trancher » est un roman qui s’attaque à un sujet trop souvent négligé : la violence conjugale.

Dès les premières lignes, on entre dans le quotidien d’une mère de famille dont  la vie de couple ordinaire bascule le jour où le mari tombe le masque et se révèle brutal. Alors, il n’est pas question de sang ou de bleus mais d’insultes. Le mari lâche des mots sans prévenir, d’une grande violence, qui surgissent et qui viennent frapper la conjointe en pleine face. Même si le choc n’est pas physique, l’impact est féroce sur l’instant et les effets dramatiques sur la famille entière.

La narratrice s’adresse à son personnage principal à la deuxième personne.  En utilisant ce mode d’expression, on a plutôt l’impression qu’elle se parle à elle-même, comme pour se protéger de ce qui lui arrive, comme pour rester en retrait de la réalité. Elle décrit alors tout le processus émotionnel qui découle de ses échanges insoutenables. Lire la suite

(#406) Jérôme Ferrari – A son image

L’effet Ferrari

 

Court résumé: Antonio, jeune photographe professionnelle, meurt dans un accident de voiture. Son oncle et parrain est chargé de célébrer son office funèbre…

Mon avis:

Merci aux éditions Actes Sud pour cette lecture!

Jérôme Ferrari est un auteur qu’il m’est toujours difficile de chroniquer. A chaque nouvel opus, j’ai du mal à poser des mots sur mon ressenti. En effet, à la fermeture de ses romans, je suis toujours emballé mais il m’est toujours compliqué de comprendre pourquoi. « A son image » ne déroge pas à la règle.

A l’instar de ses précédentes œuvres, il s’empare de thèmes et y apporte son regard personnel. La guerre est une toile de fond de son histoire. Que ce soit en Yougoslavie avec son excès de cadavres ou en Corse avec son nationalisme décadent, les conflits vont traverser la vie d’Antonia, photographe professionnelle. Lire la suite

(#405) Jeremy Fel – Helena

Fresque malsaine

Court résumé: Kansas, Hayley roule sur l’Interstate. Elle part chez sa tante pour s’entraîner en vue d’un tournoi de golf. Jusqu’au moment où elle croise le chemin de Norma, une mère de 3 enfants…

Mon avis:

Merci aux éditions Rivages pour cette lecture!

Une couverture magnifique avec un visage féminin mystérieux et un titre simple « Helena », il n’en fallait pas plus pour attirer mon attention. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en ouvrant ce pavé de 750 pages (je ne lis toujours pas les 4èmes de couverture !) et je n’ai pas été déçu !

Dès le début, on comprend que l’on a affaire à un roman qui va nous bousculer. Dans cette première partie, on découvre les acteurs. De chapitre en chapitre, on passe de l’un à l’autre. Les cents premières pages nous permettent de connaitre l’environnement et le contexte qui les entourent. On découvre ces personnages fantasques issus l’Amérique profonde. Le décor bon enfant est posé.

Malheureusement ces gens sont comme des produits inoffensifs, qui mis ensemble, deviennent de la dynamite. Lire la suite