(#223) Christine Angot – Un amour impossible

Insipide…

Un amour impossible

Court résumé: Pierre et Rachel se rencontrent et vont vivre ensemble un amour particulier. Pierre a ses convictions et Rachel va en subir les conséquences avec sa fille.

Mon avis:

Christine Angot a fait sa réputation avec des textes sulfureux, provocateurs et souvent polémiques. Je m’attendais donc à découvrir un roman vraiment différent avec de l’originalité. Après tout ce que j’avais entendu de cette auteure, je pensais recevoir un uppercut et me préparais à être secoué et m’en réjouissais d’avance.

J’ai ouvert le livre, lu quelques lignes, quelques chapitres, puis quelques pages…j’assistais à la vie banale d’une famille banale. Aux abois, je guettais le moment où tout allait basculer et où la grande Christine Angot allait faire son apparition. A la fermeture de la dernière page quand j’ai posé l’ouvrage sur ma table de nuit, j’espérais toujours en vain. Le récit de ses parents est particulièrement insipide et n’a aucun intérêt (juste pour elle peut-être !). Le style Angot ne m’a pas du tout convaincu. L’écriture est commune et handicapée par de longs dialogues sans fin. Je n’ai pas reconnu la plume acérée que l’on m’avait annoncée. Les échanges Lire la suite

(#222) Jo Nesbo – Le léopard

Gros pavé, petite merveille!

 Le léopard

Court résumé: Depuis sa terrible aventure du Bonhomme de neige, Harry Hole a démissionné et vit reclus à Hong Kong. En Norvège, lorsque deux femmes sont retrouvées assassinées mystérieusement, on pense tout de suite à faire appel à lui, le spécialiste des tueurs en série.

Mon avis:

Ce qu’il y a de perturbant avec Jo Nesbo, c’est que ses livres font souvent entre 600 et 900 pages. Il me faut donc à chaque fois trouver la motivation. Une fois encore, je croisais du coin de l’œil ce pavé posé dans un coin de la bibliothèque, et j’hésitais, j’hésitais. Mais lorsqu’enfin je me suis décidé, je ne l’ai pas regretté. Lancé dans cette nouvelle enquête d’Harry Hole, tout m’est apparu comme évident. La longueur de l’ouvrage, qui me chagrinait légèrement au premier abord, s’est avérée de nouveau nécessaire. En effet, cet auteur possède un véritable don pour fusionner l’atmosphère d’un pays, un bon scénario, de grandes scènes d’action et des personnages approfondis. Pour réaliser une telle prouesse, cette histoire méritait bien de s’y attarder.

Comme à son habitude, Jo Nesbo a su matérialiser le climat et l’ambiance qui règnent en Norvège. Au fil des aventures, il a affiné son personnage central, Harry Hole. Alors oui, Lire la suite

(#221) Karine Giebel – Purgatoire des innocents

Sévices gratuits

Le purgatoire des innocents

Court résumé: Raphaël vient de réaliser avec son équipe un braquage qui a mal tourné. Ils fuient les forces de l’ordre et se réfugient par hasard chez Sandra, une vétérinaire. Le déferlement de folie peut commencer.

Mon avis:

Depuis mon premier Karine Giebel, j’adore l’univers de cette auteure. A chaque fois, elle fait mouche et arrive à me bluffer. Elle pousse toujours le lecteur dans ses derniers retranchements et ne met jamais de gants afin de préserver ses personnages. Je pourrais la définir comme une jusqu’au-boutiste du roman noir et c’est ce que j’apprécie dans sa littérature.

Dans ce nouvel opus, l’atmosphère oppressante, spécialité Giebel, est encore présente. On est très rapidement dans le feu de l’action. Le déroulement des événements ne pâtit d’aucun ralentissement et on est entraîné pied au plancher dans ce huis clos qui se resserre inexorablement. Les protagonistes sont comme d’habitude tous aussi imprévisibles les uns que les autres. La folie semble s’immiscer dans les moindres recoins et des surprises redonnent régulièrement du rythme au texte.
Tout était ainsi réuni pour faire de ce livre un nouveau joyau. Cependant Karine Giebel a peut-être poussé ce coup-ci le vice un peu trop loin. En effet, lorsque l’on connaît les faits d’arme de la dame, on sait qu’elle n’hésite jamais à utiliser la violence exacerbée pour happer le lecteur. Je ne suis pas contre un peu de Lire la suite

(#220) Arnaldur Indridason – La femme en vert

Drame familial

La femme en vert

Court résumé: Un squelette humain est retrouvé enfoui sous terre. Ce cadavre semble daté de la seconde guerre mondiale. Le commissaire Erlendur va alors s’intéresser aux familles qui vivaient dans le quartier à cette époque.

Mon avis:

Arnaldur Indridason fait partie comme Henning Mankell, Craig Johnson et James Lee Burke, des auteurs de polars dont j’ai lu le premier ouvrage de leur série, qui ne m’ont pas convaincu, mais à qui je me suis promis de donner une seconde chance. Ils ont tellement d’avis positifs que je me dis que ce n’était qu’un coup d’essai manqué entre nous.

Le début de ce deuxième opus avec le commissaire Erlendur ne m’annonçait rien de bon. En effet, comme souvent dans les histoires policières qui ne me passionnent pas, l’enquête porte sur un crime qui a eu lieu il y a de nombreuses années. Les protagonistes, la victime et le ou les coupables ne sont plus de ce monde au moment des investigations. La recherche de la vérité perd ainsi de sa saveur et de son suspense car la résolution de l’affaire ne changera rien.
J’ai donc continué l’aventure sans vraiment trop y croire. Finalement je me suis rendu compte que l’enquête proprement dite n’avait pas vraiment d’intérêt mais que c’était l’histoire de cette famille qui représentait le cœur de ce roman. Et alors, j’ai accroché au déroulement des évènements. J’ai été pris dans le quotidien et dans le destin de cette femme martyrisée. L’angoisse est montée crescendo et je n’ai pas relâché mon attention jusqu’à la dernière page. Ce retour dans le passé fut sombre, cruel parfois joyeux mais surtout humainement douloureux. J’ai été pris au piège de ce huis clos oppressant, démuni comme un témoin impuissant devant la tragédie qui se déroulait sous mes yeux.

Arnaldur Indridason a réussi cette fois-ci à me toucher. Pour moi, cet épisode n’est pas à classer dans le rayon des polars mais dans le rayon des drames familiaux. Comme « Betty », un autre livre de l’auteur que j’avais déjà apprécié, il me semble que je le préfère dans l’exercice du roman noir. Cependant, je lirai tout de même la suite des aventures d’Erlendur pour connaître encore un peu plus la vie de son héros et lui laisser la possibilité de confirmer la bonne impression que m’a laissée sa « femme en vert ».

Points 347 pages

16/20

(#219) Nicolas Delesalle -Le goût du large

Visites du monde

Le gout du large

Court résumé: Pendant neuf jours, Nicolas Delesalle va naviguer sur un cargo de marchandises. Il va alors nous raconter cette traversée et se rappeler les autres voyages qu’il a pu faire.

Mon avis:

Sous prétexte de nous narrer un voyage de quelques jours en mer, Nicolas Delesalle nous propose un retour sur ses différentes expériences en tant que grand reporter. La forme du livre se rapproche du recueil de nouvelles, même si sa croisière en cargo reste le fils conducteur.

Je ne suis pas un adepte des récits de voyage. J’ai pourtant pris beaucoup de plaisir et ce pour plusieurs raisons :
Avec cet auteur, on voyage. Chaque nouvelle anecdote nous transporte dans les quatre coins du monde. Moi qui n’y connaissais pas grand-chose en géographie, j’ai souvent été perdu avec tous les noms de villes mais ce n’est pas rédhibitoire à la compréhension et le dépaysement a été total.
Lors de ses périples, le journaliste a rencontré des personnes représentatives de la condition du pays visité. C’est par ces indigènes et leurs discours qu’il nous fait découvrir l’atmosphère de l’endroit et qu’il nous confronte à ces existences souvent difficiles. L’humain est au centre de son initiative. Il échange avec ces gens pour mieux les comprendre et ainsi partager avec nous ces petits bouts de vie.
Chaque anecdote est abordée avec un soupçon d’humour. Les drames vécus s’en trouvent dès lors beaucoup plus accessibles sans perdre de leur impact pour autant. J’ai donc vécu des situations tragiques avec le sourire, sans jamais me sentir mal à l’aise. Certaines nouvelles auraient d’ailleurs mérité un peu plus d’approfondissement ou de longueur tant elles étaient intéressantes et divertissantes.

Sans jamais tomber dans le pathétique, Nicolas Delesalle nous ouvre des petites portes d’humanité qui ont transformé mes gros problèmes personnels en petits tracas insignifiants. En très peu de pages, il sait être percutant. J’ai trouvé ce texte instructif et je l’ai perçu comme une courte approche de la situation de la planète vue par les yeux bienveillants d’un amoureux du monde.

Préludes 311 pages

16/20

Merci les Editions Préludes et Le livre de poche

(#218) Suzanne Collins – Hunger Games 3 La révolte

Petite fin

Hunger Games 3

Court résumé: Katniss est sortie indemne de ses seconds jeux de la faim. Elle est maintenant recluse dans le district Treize et prépare avec le peuple la rébellion.

Mon avis:

J’étais resté sur une bonne impression après les deux premiers volumes. Ils avaient les défauts des romans « Young Adult » mais ils étaient efficaces. Ce troisième et dernier épisode ne reprend pas tout à fait les mêmes codes et c’est ce qui est son principal handicap. En effet, dans cette aventure, le processus angoissant des Hunger Games n’est pas repris et laisse plutôt la place à un processus de politique et de guerre. Le peu de profondeur des personnages, le manichéisme caricatural des deux camps et le manque de développement des enjeux diplomatiques, inhérents à ce genre de littérature, trouve ses limites dans cette dernière bataille. Tout est survolé et il ne reste que des scènes d’action pure sans véritable but.

De plus, Katniss, l’héroïne jusque-là incontestable, perd de sa superbe et devient simple témoin de la révolte de son peuple. Elle est constamment blessée, n’assiste pas aux plus grands combats et n’a quasiment aucun impact sur l’histoire. Son avis n’a même plus d’importance dans les décisions prises par la rébellion. Si elle n’était pas un symbole nécessaire, la révolution pourrait se faire sans elle. Malgré une narration à la première personne, on ne connaît toujours pas ses sentiments, elle est toujours aussi insipide et m’a donc semblé bien inutile.

Là où les deux premiers avaient compensé leur superficialité par un suspense et un rythme fou, ce dernier tome ralentit et perd son charme en même temps que sa particularité.
Ceci étant dit, pour ne pas passer pour un blasé, j’ai tout de même passé un bon moment sans jamais m’ennuyer. C’est toujours simple et incisif. Je garderai un bon souvenir de cette trilogie si originale. Depuis, beaucoup essaye de copier et de réitérer l’exploit, mais « Hunger Games » restera comme la première dystopie adolescente vraiment marquante, avec une préférence pour le premier volume et son originalité.

14/20

La trilogie Hunger Games 15/20