(#607) Rivers Solomon – Les abysses

Court résumé: Jetées à la mer, certaines femmes ne meurent pas et deviennent des sirènes. Elles ne se souviennent pas de ce traumatisme. Un jour, Yetu, une historienne, va leur rappeler…

Mon avis:

Je remercie les éditions Aux Forges de Vulcain pour cette lecture!

Je ne serais jamais allé naturellement vers ce type de roman. C’est à la suite de chroniques élogieuses glanées dans les magazines et sur mes blogs préférés que je me suis intéressé à son cas. Moi qui aime bien sortir de ma zone de confort de temps en temps, j’ai été gâté !

N’étant pas un adepte du genre SF, je suis rentré à tâtons dans ce texte. Mais très rapidement, j’ai été comme hypnotisé. Mon esprit est parti pour ce voyage dans les profondeurs, à la rencontre de ces créatures mystérieuses, à la fois si proches et si différentes de nous. Pris dans le piège, je l’ai presque lu d’une traite tant j’étais pris par l’atmosphère.

Cette aventure marine, aussi fantastique soit-elle, est chargée de métaphores et délivre plusieurs messages implicites. Il aborde de manière figurée l’appartenance à un groupe, l’acceptation de la diversité et les ravages écologiques, le tout en moins de 200 pages. La puissance du propos repose sur cette concentration d’émotions et de sensations.

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(#606) Henri Lœvenbruck – Le mystère de la Main rouge

Court résumé: Alors que la Bastille vient de tomber, le jeune journaliste Gabriel Joly a découvert l’identité du Loup des Cordeliers. Mais celui-ci disparaît…

Mon avis:

Je remercie les éditions XO pour cette lecture!

« Le loup de Cordeliers » s’attardait sur les évènements de la révolution française. L’énigme était un prétexte pour vulgariser ces instants importants de notre Histoire. Maintenant, le décor est posé, les personnages sont définis, on peut partir à l’aventure avec ce deuxième opus !

L’auteur prend le gouvernail et nous entraîne dans un voyage entre Paris, Antibes et la Corse. Outre l’intrépide Gabriel Joly, on suit plusieurs protagonistes tout au long de leurs péripéties. Ceux-ci sont toujours aussi fantasques et c’est un vrai plaisir de les retrouver.

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(#605) Patrick Cargnelutti – Succession

Court résumé: En Afrique Centrale, mercenaires, barbouzes, fonctionnaires occidentaux corrompus et chefs de guerre d’en donnent à cœur joie, détruisant un pays et ses habitants…

Mon avis:

Je remercie les éditions Piranha pour cette lecture!

Je connaissais Patrick Cargnelutti pour avoir échanger avec lui sur les réseaux de notre passion commune pour la littérature. Mais je ne savais pas qu’il était aussi auteur.

Cette aventure nous entraine en pleine « Françafrique » où les intérêts financiers font des ravages. L’auteur utilise la fiction pour nous ouvrir les yeux sur la gestion dramatique de certains pays de ce continent et sur les politiques menées par les pays occidentaux envers ces contrées. Du président de la république dans son palais au petit esclave dans sa mine, le livre aborde toutes les strates de la tragédie. Pour leurs ambitions personnelles, les grandes entreprises, l’administration et les mercenaires ne connaissent pas de limite dans la corruption et la manipulation. Ils n’hésitent pas à faire des victimes collatérales, sacrifiées sur l’autel des luttes de pouvoir. On reconnaît dans ces évènements sanglants et retors, toute l’ingérence des autorités françaises dans les affaires intérieures des anciennes colonies.

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(#604) Cécile Pivot – Les lettres d’Esther

Court résumé: En souvenir de son père, Esther, une libraire, décide d’ouvrir un atelier d’écriture épistolaire dans lequel des inconnus vont pouvoir échanger sur leurs vies…

Mon avis:

J’ai lu ce livre dans le cadre du Cercle Livresque du site lecteurs.com

Dans le monde actuel, malgré l’avènement des réseaux sociaux, tout un chacun a tendance à garder pour soi ses problèmes personnels. Derrière la façade de la transparence totale, les gens n’osent pas partager leurs véritables drames et cette intériorisation gangrène leur cerveau et leur quotidien.

Cécile Pivot brise les barrières de ses personnages par le biais de leurs correspondances. Elle remet au goût du jour la pratique de l’écriture manuelle. On découvre alors que grâce à ce moyen de communication, les esprits se libèrent. Devant leur feuille de papier, les participants lâchent prise, comme si la plume les désinhibait. S’adressant à des inconnus, ils se confient encore plus facilement et mettent sur la table leurs authentiques douleurs. Ils vivent leurs échanges tel un exutoire. Dès que les choses sont écrites, elles semblent perdre de leur pouvoir de nuisance.

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(#603) Donato Carrisi – La maison des voix

Court résumé: Pietro Gerber est psychiatre pour enfants, spécialiste de l’hypnose. Un jour une consoeur australienne lui demande de prendre en charge une de ses patientes…

Mon avis:

Je remercie les éditions Calmann-Levy pour cette lecture!

Il n’est plus besoin de présenter Donato Carrisi qui fait partie de mes chouchous littéraires. Il ne m’avait jamais déçu jusqu’à son dernier opus, 4ème volet du Chuchoteur, moins convaincant. J’étais donc un peu fébrile à l’arrivée de ce one-shot, en espérant qu’il n’ait pas perdu son pouvoir.

L’auteur reprend un de ses thèmes de prédilection : la mémoire. Cette fois ci, il en fait même son axe principal qui régit toute son histoire. La moitié du livre trouve sa moelle dans les souvenirs de la mystérieuse Hannah. On comprend que les éléments du passé dont on se rappelle ont tendance à être versatiles. On ne sait donc jamais si les évènements racontés ont vraiment eu lieu ou le cerveau a inventé sa propre version. Comme les éléments de l’énigme sont en plus issus de la mémoire d’une enfant, tout le mécanisme de l’aventure repose sur l’interprétation de ses rêves sous hypnose. Aux côtés du psychiatre, j’ai passé mon temps à chercher la signification des réminiscences de cette femme insaisissable. Pendant la lecture, je suis resté constamment sur le qui-vive, à la recherche d’un élément qui allait débloquer l’affaire.

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(#602) Estelle Tharreau – La peine du bourreau

Court résumé: McCoy est bourreau au Texas depuis 42 ans. Le soir de l’exécution du condamné n°0451, une discussion s’engage entre lui et le Gouverneur qui doit se prononcer sur la grâce…

Mon avis:

Je remercie les éditions Taurnada pour cette lecture!

D’ordinaire, pour parler des crimes d’un assassin, les auteurs de polar s’intéressent aux victimes, aux coupables, aux enquêteurs ou aux tribunaux. Estelle Tharreau a choisi un angle assez original. Son choix s’est porté sur le rôle du bourreau qui va être en quelque sorte interviewer, pour témoigner de son métier et de ses conséquences.

A travers la vie de cet être au métier singulier, l’auteure s’attaque au thème beaucoup plus vaste de la justice. En narrant les destins de coupables condamnés à la peine capitale, elle met en lumière la différence que l’on constate entre morale et justice. La culpabilité des prisonniers n’est jamais remise en cause, mais le châtiment qu’il leur est réservé, peut être discutable.

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