(#225) Philippe Jaenada – Le chameau sauvage

Drôle!

Le chameau sauvage

Court résumé: Halvard Sanz est un perdant. Toutes les catastrophes lui tombent dessus et sa vie se résume à une somme de désillusions.

Mon avis:

J’ai découvert et apprécié Philippe Jaenada dans ses biographies relatives à des personnages oubliés de l’Histoire. La vie de ces gens m’avait intéressé mais je m’étais surtout régalé avec les petites digressions qu’incluait l’auteur dans le récit. J’ai souri et même ri avec ces courts moments de vie personnelle. Alors lorsque l’auteur m’a confirmé, lors d’une rencontre, que ses romans précédents avaient une grande part d’autobiographie et qu’ils étaient dans la même veine, j’ai sauté sur le premier d’entre eux. Et me voilà donc lancé dans « Le chameau sauvage ».

Sans attendre, je me retrouve donc à suivre les pas de Halvard Sanz, un loser de grand calibre. Car dès la première scène, on comprend que ce personnage va nous entraîner dans les tréfonds de la défaite. Il rate tout ce qu’il entreprend et enchaîne les mauvais choix. Il a surtout l’art de rencontrer les personnes les plus loufoques et les plus extravagantes qui soient. Toutes ces tribulations vont donner lieu à des scènes particulièrement cocasses où ses différents rendez-vous vont devenir le prétexte à de grands moments de délire. Je me suis bidonné Lire la suite →

(#224) Anne Plantagenet – Appelez-moi Lorca Horowitz

Escroquerie et usurpation

Appelez moi Lrca Horowitz

Court résumé: Lorca Horowitz est un jour embauchée dans un cabinet d’architecture. Mme Perales, son employeur, va devenir une témoin de la diabolique métamorphose de Lorca.

Mon avis:

Anne Plantagenet tombe par hasard sur un fait divers qui s’est déroulé dans une région d’Espagne qu’elle connaît très bien pour y avoir vécu quelques années. Elle décide alors de se l’approprier. Pour se faire, elle revendique le fait d’aborder son sujet à la manière d’Emmanuel Carrère. Elle le met donc en parallèle avec sa propre vie, afin d’expliquer les raisons personnelles qui l’ont poussée à s’intéresser à cette histoire.

Un chapitre, elle nous narre les évènements de son existence et les différents états émotionnels qu’elle a traversés. Le chapitre suivant, elle entre dans la tête de Lorca Horowitz et nous fait partager les réflexions de cette femme malfaisante.
J’ai beaucoup aimé le style de l’auteur. Elle utilise une belle écriture, très fluide. J’ai vraiment été emporté dans l’esprit de Lorca. J’ai été d’abord déstabilisé par sa santé mentale qui semble vaciller tout au long de l’histoire, puis intrigué par sa détermination à mener à bien sa manipulation. Lorca Horowitz devient alors un personnage indéfinissable, dégageant une grande part de mystère. Le drame se Lire la suite →

(#223) Christine Angot – Un amour impossible

Insipide…

Un amour impossible

Court résumé: Pierre et Rachel se rencontrent et vont vivre ensemble un amour particulier. Pierre a ses convictions et Rachel va en subir les conséquences avec sa fille.

Mon avis:

Christine Angot a fait sa réputation avec des textes sulfureux, provocateurs et souvent polémiques. Je m’attendais donc à découvrir un roman vraiment différent avec de l’originalité. Après tout ce que j’avais entendu de cette auteure, je pensais recevoir un uppercut et me préparais à être secoué et m’en réjouissais d’avance.

J’ai ouvert le livre, lu quelques lignes, quelques chapitres, puis quelques pages…j’assistais à la vie banale d’une famille banale. Aux abois, je guettais le moment où tout allait basculer et où la grande Christine Angot allait faire son apparition. A la fermeture de la dernière page quand j’ai posé l’ouvrage sur ma table de nuit, j’espérais toujours en vain. Le récit de ses parents est particulièrement insipide et n’a aucun intérêt (juste pour elle peut-être !). Le style Angot ne m’a pas du tout convaincu. L’écriture est commune et handicapée par de longs dialogues sans fin. Je n’ai pas reconnu la plume acérée que l’on m’avait annoncée. Les échanges Lire la suite →

(#222) Jo Nesbo – Le léopard

Gros pavé, petite merveille!

 Le léopard

Court résumé: Depuis sa terrible aventure du Bonhomme de neige, Harry Hole a démissionné et vit reclus à Hong Kong. En Norvège, lorsque deux femmes sont retrouvées assassinées mystérieusement, on pense tout de suite à faire appel à lui, le spécialiste des tueurs en série.

Mon avis:

Ce qu’il y a de perturbant avec Jo Nesbo, c’est que ses livres font souvent entre 600 et 900 pages. Il me faut donc à chaque fois trouver la motivation. Une fois encore, je croisais du coin de l’œil ce pavé posé dans un coin de la bibliothèque, et j’hésitais, j’hésitais. Mais lorsqu’enfin je me suis décidé, je ne l’ai pas regretté. Lancé dans cette nouvelle enquête d’Harry Hole, tout m’est apparu comme évident. La longueur de l’ouvrage, qui me chagrinait légèrement au premier abord, s’est avérée de nouveau nécessaire. En effet, cet auteur possède un véritable don pour fusionner l’atmosphère d’un pays, un bon scénario, de grandes scènes d’action et des personnages approfondis. Pour réaliser une telle prouesse, cette histoire méritait bien de s’y attarder.

Comme à son habitude, Jo Nesbo a su matérialiser le climat et l’ambiance qui règnent en Norvège. Au fil des aventures, il a affiné son personnage central, Harry Hole. Alors oui, Lire la suite →

(#221) Karine Giebel – Purgatoire des innocents

Sévices gratuits

Le purgatoire des innocents

Court résumé: Raphaël vient de réaliser avec son équipe un braquage qui a mal tourné. Ils fuient les forces de l’ordre et se réfugient par hasard chez Sandra, une vétérinaire. Le déferlement de folie peut commencer.

Mon avis:

Depuis mon premier Karine Giebel, j’adore l’univers de cette auteure. A chaque fois, elle fait mouche et arrive à me bluffer. Elle pousse toujours le lecteur dans ses derniers retranchements et ne met jamais de gants afin de préserver ses personnages. Je pourrais la définir comme une jusqu’au-boutiste du roman noir et c’est ce que j’apprécie dans sa littérature.

Dans ce nouvel opus, l’atmosphère oppressante, spécialité Giebel, est encore présente. On est très rapidement dans le feu de l’action. Le déroulement des événements ne pâtit d’aucun ralentissement et on est entraîné pied au plancher dans ce huis clos qui se resserre inexorablement. Les protagonistes sont comme d’habitude tous aussi imprévisibles les uns que les autres. La folie semble s’immiscer dans les moindres recoins et des surprises redonnent régulièrement du rythme au texte.
Tout était ainsi réuni pour faire de ce livre un nouveau joyau. Cependant Karine Giebel a peut-être poussé ce coup-ci le vice un peu trop loin. En effet, lorsque l’on connaît les faits d’arme de la dame, on sait qu’elle n’hésite jamais à utiliser la violence exacerbée pour happer le lecteur. Je ne suis pas contre un peu de Lire la suite →

(#220) Arnaldur Indridason – La femme en vert

Drame familial

La femme en vert

Court résumé: Un squelette humain est retrouvé enfoui sous terre. Ce cadavre semble daté de la seconde guerre mondiale. Le commissaire Erlendur va alors s’intéresser aux familles qui vivaient dans le quartier à cette époque.

Mon avis:

Arnaldur Indridason fait partie comme Henning Mankell, Craig Johnson et James Lee Burke, des auteurs de polars dont j’ai lu le premier ouvrage de leur série, qui ne m’ont pas convaincu, mais à qui je me suis promis de donner une seconde chance. Ils ont tellement d’avis positifs que je me dis que ce n’était qu’un coup d’essai manqué entre nous.

Le début de ce deuxième opus avec le commissaire Erlendur ne m’annonçait rien de bon. En effet, comme souvent dans les histoires policières qui ne me passionnent pas, l’enquête porte sur un crime qui a eu lieu il y a de nombreuses années. Les protagonistes, la victime et le ou les coupables ne sont plus de ce monde au moment des investigations. La recherche de la vérité perd ainsi de sa saveur et de son suspense car la résolution de l’affaire ne changera rien.
J’ai donc continué l’aventure sans vraiment trop y croire. Finalement je me suis rendu compte que l’enquête proprement dite n’avait pas vraiment d’intérêt mais que c’était l’histoire de cette famille qui représentait le cœur de ce roman. Et alors, j’ai accroché au déroulement des évènements. J’ai été pris dans le quotidien et dans le destin de cette femme martyrisée. L’angoisse est montée crescendo et je n’ai pas relâché mon attention jusqu’à la dernière page. Ce retour dans le passé fut sombre, cruel parfois joyeux mais surtout humainement douloureux. J’ai été pris au piège de ce huis clos oppressant, démuni comme un témoin impuissant devant la tragédie qui se déroulait sous mes yeux.

Arnaldur Indridason a réussi cette fois-ci à me toucher. Pour moi, cet épisode n’est pas à classer dans le rayon des polars mais dans le rayon des drames familiaux. Comme « Betty », un autre livre de l’auteur que j’avais déjà apprécié, il me semble que je le préfère dans l’exercice du roman noir. Cependant, je lirai tout de même la suite des aventures d’Erlendur pour connaître encore un peu plus la vie de son héros et lui laisser la possibilité de confirmer la bonne impression que m’a laissée sa « femme en vert ».

Points 347 pages

16/20